Nantes : la manifestation contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes dégénère

Les incidents ont fait quatre blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne, selon le dernier bilan de la préfecture de Loire-Atlantique.

Des CRS face à des manifestants qui protestent contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 février 2014.
Des CRS face à des manifestants qui protestent contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 février 2014. (FRANK PERRY / AFP)

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Des scènes de chaos. La manifestation rassemblant des milliers de personnes contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a dégénéré samedi 22 février, dans l'après-midi, dans le centre-ville de Nantes, théâtre d'affrontements entre plusieurs centaines d'opposants radicaux et les forces de l'ordre. Les incidents ont fait quatre blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne, selon le dernier bilan de la préfecture de Loire-Atlantique.

"La fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s'appuient depuis le début de ce mouvement", a indiqué la préfecture. Celle-ci estime que la manifestation a réuni "autour de 20 000 manifestants avec près de 1 000 manifestants radicaux prêts pour le combat qui n'ont pu être contrôlés par les organisateurs".

Plus tôt dans l'après-midi, Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale organisation d'opposants au projet d'aéroport s'est refusé à donner un chiffre précis de manifestants, évoquant "plusieurs dizaines de milliers". Selon lui, la participation est équivalente aux précédents grands rassemblements, comme celui de novembre 2012 qui avait compté selon les organisateurs 40 000 personnes (13 000 selon la police).

Des scènes de dévastation

En différents endroits du parcours de la manifestation, des participants ont tiré des projectiles - bouteilles, canettes, billes d'acier, fusées de détresse - en direction des forces de l'ordre qui ont chargé à plusieurs reprises. En fin d'après-midi, le centre-ville de Nantes affichait des scènes de dévastation. Les casseurs ont saccagé un poste de police, une agence du groupe Vinci (concessionnaire du projet d'aéroport), mais ont aussi brisé plusieurs vitrines de magasins, celles d'une agence des transports nantais ou encore d'une agence Nouvelles Frontières.

Au moins deux engins de chantier mais aussi une barricade ont aussi été incendiés. Des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains, a-t-on indiqué de sources policières. Quant aux forces de l'ordre, elles ont fait usage d'une grande quantité de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau. Des manifestants s'éloignaient aveuglés par les gaz lacrymogènes tandis que plusieurs centaines d'autres continuaient à faire face aux forces de l'ordre, renvoyant de nouveaux projectiles: bouteilles, ou même les propres grenades des forces de l'ordre.

Jean-Marc Ayrault, cible des manifestants

 "Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c'est un grand succès", a assuré à l'issue de la manifestation Julien Durand. La manifestation avait commencé dans une ambiance bon enfant.

"Ayraultport non merci", "Non à l'Ayrault porc", "Vinci dégage Ayrault aussi", "Ni aéroport ni métropole, la ville est à nous" entendait-on dans le cortège. A un mois des municipales, les manifestants visaient directement dans leur slogans comme sur leurs banderoles le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes et fervent partisan du projet. L'inauguration du futur aéroport Grand Ouest, prévue initialement en 2017, est désormais envisagée seulement "en 2019 ou avant 2020" par les partisans du transfert. Le projet, reconnu d'utilité publique en 2008, est justifié par ses partisans, du PS comme de l'UMP, notamment par le risque de saturation de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique.