"Les bâtons, on espère ne pas avoir à s'en servir" : les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes manifestent

Unis et organisés, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) manifestent samedi 8 octobre sur le site de la Zad, en réponse aux menaces d'évacuation.

Des militants opposés au projet de construction de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 26 juin 2016.
Des militants opposés au projet de construction de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 26 juin 2016. (LOIC VENANCE / AFP)
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"Que résonnent les chants de nos bâtons". C'est le slogan choisi par les organisateurs de la manifestation, qui se tient samedi 8 octobre, contre l'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Le bâton, symbole de la lutte paysanne sur la plateau du Larzac. Le bâton, protecteur des troupeaux et protecteur des dunes touchées par l'érosion. Le bâton... utile pour se protéger contre la police ? "On souhaite très fort ne pas avoir à s'en servir, répond Geneviève Coiffard, qui organise le rassemblement.

"Ceci étant, quelques bâtons n'ont rien à voir avec un stock d'armes. En 2012, les 'robocops' qu'on avait en face de nous, on ne risquait pas de les égratigner", poursuit cette habitante de Saint-Nazaire, faisant référence à l'opération des gendarmes qui avait blessé une centaine de manifestants il y a quatre ans.

Reportage de Jules de Kiss auprès des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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Le gouvernement avait évoqué le mois d'octobre pour une évacuation de la Zad

Les organisateurs le répètent : samedi, l'objectif est de marquer le coup. Des cars en provenance de 32 villes différentes ont été affrétés. La date du rassemblement n'a pas été choisie au hasard. Octobre 2016 a été avancé par le Premier ministre Manuel Valls comme un possible créneau pour une évacuation du site de Notre-Dame-des-Landes, où doit se construire le nouvel aéroport.

Afin de compliquer toute opération des forces de l'ordre, des bâtiments en dur ont été construits sur la Zad. La charpente de la quinzième structure, le "hangar de l'avenir", est en train d'être posée. "On construit l'avenir, quand tout le monde nous dit qu'on va dégager", analyse Geneviève Coiffard.

La CGT du groupe Vinci appelle à la mobilisation en cas de début des travaux

Depuis le mois de septembre, de plus en plus de contestataires affluent pour occuper le terrain. Les zadistes se forment même à résister en cas d'intervention de la police. "Pour résister à tout ce que le gouvernement pourrait préparer", comme le dit Camille*, qui a organisé des stages. Les protestataires y apprennent "à prendre des décisions collectives rapidement", ainsi qu'à "organiser des équipes médicales et juridiques."

Zadistes, agriculteurs et ONG coordonnent désormais leurs actions. Et un nouvel acteur est entré dans la danse : la CGT du groupe Vinci, l'entreprise en charge de la construction du site. Opposé à l'arrivée de l'aéroport, le syndicat appelle les salariés à prévenir les zadistes en cas de début des travaux et à faire jouer leur droit de retrait. 

Union, occupation, organisation. Les opposants se sentent plus forts que jamais. Optimistes, ils ne voient pas le gouvernement prendre le risque de décider une évacuation de la Zad avant l'élection présidentielle. 

(*) Le prénom a été modifié.