NOTRE-DAME-DES-LANDES - Entre 13 000 et 40 000 personnes selon les sources ont manifesté, dans le calme, dans les bocages de Notre-Dame-des-Landes, à 30km de Nantes (Loire-Atlantique), contre le projet d'aéroport. 

"Vinci dégage, résistance et sabotage", criaient les contestataires en référence au groupe de BTP qui a obtenu pour 55 ans la concession de l'aéroport. Derrière une grande banderole: "Contre l'aéroport et son monde seule la lutte décolle", les manifestants ont gagné une zone boisée dans laquelle ils ont édifié un chapiteau censé abriter les opposants, expulsés le mois dernier par les forces de l'ordre.

( France 2)

La gauche de la gauche contre le gouvernement

Au delà des slogans anti-aéroport, des slogans très politiques ont parsemé le cortège au sein duquel diverses personnalités de la gauche de la gauche, comme José Bové et Olivier Besancenot, ont donné de la voix. Le co-président du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié le projet "d'absurde" et estimé que François Hollande et Jean-Marc Ayrault commettaient "une lourde erreur" en cherchant à imposer le projet d'aéroport.

Les ministres écologistes en position délicate

Moins frontal, le secrétaire national d'Europe-Ecologie Les Verts, Pascal Durand, a assuré que l'importante délégation de parlementaires de son parti ne "manifestaient pas contre le Premier ministre ni le gouvernement, mais pour que le gouvernement respecte les engagements de changement qu'il a pris devant les Français et les Françaises".

Un peu plus tôt, Harlem Desir, le premier secrétaire du PS avait estimé qu'EE-LV, membre de la majorité gouvernementale, ne devait pas "s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre sur un projet soutenu par les collectivités locales et leurs habitants très majoritairement".

En position particulièrement délicate face à ce projet soutenu par le gouvernement mais rejeté par leur parti, les deux ministres écologistes du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin, se sont rangés à l'argument de Pascal Durand, ne voyant ni "grand écart", ni "situation inconfortable". De son côté, l'eurodéputé EELV Yves Cochet estime qu'il faudra bientôt faire un bilan sur la présence de ministres verts au gouvernement avant d'envisager une possible démission de leur part.

(Francetv info)