À Notre-Dames-des-Landes, les opposants au projet d'aéroport se rassemblent et espèrent des avancées avec Macron

Les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dames-des-Landes se sont rassemblés tout le weekend au bord de la zone à défendre. Ils espèrent que le dossier va avancer avec l'élection d'Emmanuel Macron.

Rassemblés près de la zone à défendre, les opposants au projet d\'aéroport de Notre-Dame-des-Landes espèrent une avancée du dialogue avec le nouveau gouvernement.
Rassemblés près de la zone à défendre, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes espèrent une avancée du dialogue avec le nouveau gouvernement. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
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Maureen SuignardfranceinfoRadio France

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Comme chaque année, un grand rassemblement contre le projet d'aéroport de Notre-Dames-des-Landes (Loire-Atlantique) est organisé en bordure de la zone à défendre, sur le site du Chêne-des-Perrières. Pour la 17e édition, 20 000 personnes étaient attendues samedi 8 et dimanche 9 juillet. Au programme : débats sur le projet, la résistance paysanne, les violences policières et le droit au logement. Après l'élection d'Emmanuel Macron, les opposants sont nombreux à espérer une amélioration du dialogue avec le gouvernement. 

Les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont rassemblés au bord de la zone à défendre. Le reportage de Maureen Suignard.
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Sur le site, des dizaines de chapiteaux sont installés pour accueillir les milliers de visiteurs. Stéphanie est en charge de les recevoir pour des photos : "C'est un peu le mur de famille des opposant", explique-t-elle. Les opposants sont invités à se prendre en photo avec un panneau "Moi je dis non à l'aéroport. Et vous ?". Une initiative qui veut montrer la diversité des visages des opposants. "On voit aussi bien des urbains, des ruraux, des vieux, des jeunes, des gens de partout...", liste Stéphanie.  

Plus de dialogue mais toujours autant de vigilance

Parmis ces opposants, il y a Jeanine, une retraitée. "Je suis dans la lutte anti-aéroport depuis très longtemps", explique-t-elle. Elle estime que les projets alternatifs n'ont jamais été étudiés sérieusement et qu'il ne faut donc pas louper ce rendez-vous. "C'est un symbole fort ! Il faut montrer qu'on existe, qu'un citoyen normalement doit avoir un pouvoir autre que celui de mettre un bulletin dans l'urne."  Et quoi de mieux que d'affirmer cela juste après avoir glissé un bulletin dans l'urne pour l'élection présidentielle ? Ludovic veut ancrer un peu plus la contestation. Pour cet opposant, l'évacuation ne semble pas à l'ordre du jour. "Manuel Valls faisait plein de coups de menton guerriers en annonçant des évacuations immédiates. Là, ce n'est plus la même ambiance donc on espère un peu plus."

Pour autant, il ne lâche rien. "Ce n'est pas parce qu'il y a une médiation en ce moment qu'il faut s'endormir. La lutte de Notre-Dames-des-Landes n'est pas encore finie et surtout elle n'est pas gagnée." La nomination des médiateurs et celle de Nicolas Hulot au gouvernement est plutot saluée mais la prudence est aussi de mise. "Il y a un certain nombre de signaux qu'on peut considérer comme favorables", estime Vincent, un agriculteur qui occupe l'une des fermes menacées d'expulsion.

On est prudent, on garde les pieds sur terre parce qu'on a vu passer beaucoup de ministres... On attend de voir

Vincent, agriculteur menacé d'expulsion

à franceinfo

Il attend surtout une action du nouveau président de la République. "La décision d'abandonner le projet est clairement une décision politique. Aux niveaux technique et économique, je crois que ça a été largement démontré que c'était une hérésie." Il l'affirme : s'ils interpellaient avant François Hollande, il vont désormais interpeller Emmanuel Macron. "On attend qu'il abandonne le projet." Les opposants au projet d'aéroport préviennent : ils scruteront avec attention les prochaines déclaration d'Emmanuel Macron et du nouveau gouvernement.