Coup dur financier pour Nicolas Sarkozy et l'UMP. Le Conseil constitutionnel a confirmé, jeudi 4 juillet, le rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, une décision qui prive l'ex-candidat UMP du remboursement par l'Etat de quelque dix millions d'euros de frais de campagne. L'ancien président de la République a réagi d'emblée en annonçant qu'il démissionnait "immédiatement" de son siège au Conseil. 

Dans un communiqué, le Conseil constitutionnel juge que "c'est à bon droit que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a rejeté le compte de campagne de M. Sarkozy" le 19 décembre 2012. Les sages de la rue de Montpensier font valoir que le montant des dépenses électorales du candidat UMP "excéd(ait) de 466 118 euros, soit 2,1%, le plafond autorisé".

Les comptes de l'UMP déjà dans le rouge

En décembre, la Commission nationale des comptes de campagne avait jugé que des dépenses liées à certains déplacements présidentiels devaient être imputées au candidat. Huit manifestations auxquelles avait participé Nicolas Sarkozy, officiellement en tant que président de la République, auraient dû figurer dans son compte de campagne, selon la CNCCFP. Parmi les autres points litigieux figurait la prise en charge par l'UMP de 50% des quelque 3 millions d'euros d'un grand meeting du candidat, le 11 mars 2012, à Villepinte, où s'était également tenu le même jour un conseil national du parti. De même, auraient dû être réintégrés au compte de campagne les sommes engagées pour la réunion publique de Toulon le 1er décembre 2011, selon le Conseil. 

Cette décision du Conseil constitutionnel ne va pas améliorer les comptes de l'UMP, déjà dans le rouge depuis plusieurs mois. Endetté à plus de trente millions d'euros, "le parti se trouve aujourd'hui dans une situation financière très difficile", expliquait en effet sa trésorière, Catherine Vautrin, interrogée début mai par Le Monde. En raison de sa défaite aux dernières élections législatives, l'UMP touchera environ vingt millions d'euros de subventions en 2013, contre environ trente millions en 2012. Et devra donc se priver d'un peu plus de dix millions d'euros au titre du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

L'ancien Premier ministre François Fillon a appelé sa "famille politique" à "assumer de manière solidaire les conséquences financières" du rejet du compte de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.