"Columbia", le fonds d'investissement que voulait créer Nicolas Sarkozy

"Libération" raconte les coulisses de ce projet avorté de l'ancien président de la République. 

L\'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le 11 décembre 2012 à Doha (Qatar).
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le 11 décembre 2012 à Doha (Qatar). (KARIM JAAFAR / AL-WATAN DOHA / AFP)
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Après l'homme politique, l'homme d'affaires. Sonné par sa défaite à la présidentielle 2012, Nicolas Sarkozy a très sérieusement envisagé de lancer un fonds d'investissement. Mediapart, puis le Financial Times, avaient révélé l'information début 2013. Ce projet a ressurgi début septembre en marge de l'affaire Air cocaïne. Libération publie lundi 8 septembre de nouveaux détails sur cette opération mort-née.

Ce fonds, baptisé Columbia, a deux parrains, proches de l'ancien président : l'homme d'affaires Stéphane Courbit et le conseiller des grands patrons Alain Minc. A l'automne 2012, les deux hommes parviennent à convaincre Nicolas Sarkozy de se lancer. "A l'époque, il ne voulait plus du tout revenir en politique et redécouvrait l'attrait de l'argent", raconte un proche à Libération.

Le Qatar promet 200 millions d'euros

L'objectif : bâtir un fonds capable de gérer entre 500 millions et 1 milliard d'euros. L'ancien président profite alors de ses conférences aux quatre coins de la planète pour séduire des investisseurs. En décembre 2012, en marge du Forum mondial du sport de Doha, il convainc le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA) d'investir 200 millions d'euros dans Columbia. Un mois plus tard, c'est le fonds souverain d'Abou Dabi qui s'engage, pour un montant inconnu. D'autres investisseurs, comme le milliardaire canadien Paul Desmarais, sont approchés.

Mais le fonds Columbia ne verra jamais le jour. La mise en examen de Stéphane Courbit pour "escroquerie" et "recel d'abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt refroidit les investisseurs début 2013. De son côté, Nicolas Sarkozy envisage de plus en plus sérieusement un retour en politique, un projet peu compatible avec la gestion d'un fonds comme Columbia.