"Bayrou, c'est comme le sida" : la polémique autour de la prétendue déclaration de Sarkozy en 3 actes

Le président de l'UMP nie avoir tenu ces propos et annonce des poursuites judiciaires contre "Le Parisien".

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, le 8 avril 2015 au siège de l'UMP, à Paris.
Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, le 8 avril 2015 au siège de l'UMP, à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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"Bayrou, c'est comme le sida... Quiconque le touche meurt !" Dans son édition du mercredi 8 avril, le journal Le Parisien attribue ces propos à Nicolas Sarkozy. Mais le président de l'UMP dément catégoriquement et annonce des poursuites judiciaires à l'encontre du quotidien. Retour sur une polémique en trois actes.

Acte 1 : le "virus" Bayrou

Nicolas Sarkozy a-t-il comparé François Bayrou au virus du sida ? Selon Le Parisien, oui. L'ancien président de la République aurait effectué cette comparaison "devant quelques proches", selon le quotidien, qui consacre un article aux divisions des centristes vis-à-vis de la stratégie à adopter.

Nicolas Sarkozy a la rancune tenace contre le président du MoDem. L'ancien chef de l'Etat accuse le centriste d'avoir précipité sa défaite à la présidentielle de 2012 en annonçant qu'il voterait pour François Hollande au second tour. A l'approche de la présidentielle de 2017 et de la primaire UMP de 2016 ouverte au centre, cette rancœur semble se raviver.

Acte 2 : l'indignation de l'association Aides

Aides, l'association française de lutte contre le VIH, a dénoncé très vite sur Twitter "le dérapage ignoble" de Nicolas Sarkozy. "Ces propos ne sont pas seulement vulgaires et infamants, ils renvoient aussi les personnes séropositives à trente ans de stigmatisation, de clichés et de discriminations de toutes sortes", détaille l'association dans un communiqué. Pour mémoire, le sida ne se transmet pas par le toucher.

Acte 3 : Nicolas Sarkozy dément et porte plainte

La conseillère en communication de Nicolas Sarkozy, Véronique Waché, avait déjà démenti sur Twitter les propos prêtés au patron de l'UMP, mais Nicolas Sarkozy est revenu à la charge en fin de journée. Il dément à son tour et annonce, dans une publication sur Facebook, avoir demandé à son avocat, Thierry Herzog, "d'engager immédiatement des poursuites judiciaires" pour "diffamation" contre l'auteur de l'article et le directeur de la publication du Parisien.

Puis l'ancien président s'est adressé à l'association Aides sur Twitter pour appuyer son démenti. "Je pense en ce moment à toutes les personnes frappées par le fléau du sida et blessées aujourd'hui par cette polémique diffamante, a commencé Nicolas Sarkozy. Personne ne doit douter de mon respect, de ma compassion et de mon soutien vis-à-vis de tous ceux qui souffrent de la maladie."

L'association a pris note de ce démenti et a tenu à clore la polémique en remerciant Nicolas Sarkozy sur le réseau social.