Nicolas Hulot, un écolo souvent dragué pour être ministre, mais jamais conquis

"Nicolas Hulot n'entrera pas au gouvernement", annonce le compte Twitter de l'écologiste. Depuis plusieurs jours, des rumeurs l'annonçaient au ministère de l'Ecologie.

L'écologiste Nicolas Hulot et François Hollande face à des représentants religieux impliqués dans les problèmes environnementaux, le 10 décembre 2015 à l'Elysée.
L'écologiste Nicolas Hulot et François Hollande face à des représentants religieux impliqués dans les problèmes environnementaux, le 10 décembre 2015 à l'Elysée. (MICHEL EULER / AFP)
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Nicolas Hulot "n'entrera pas au gouvernement". Sur Twitter, l'équipe de l'écologiste a coupé court aux rumeurs, jeudi 4 février. Depuis plusieurs jours, un bruit de couloir annonçait son arrivée au ministre de l'Ecologie, à la faveur d'un prochain remaniement ministériel. Finalement, cette proposition de l'Elysée restera lettre morte avant même d'être confirmée. Ce n'est pas la première fois que Nicolas Hulot fuit les cabinets ministériels. Proche de l'Elysée, mais loin de Matignon, voici quelques exemples d'occasions manquées.

Sous Chirac, des invitations déclinées par deux fois

Le président Jacques Chirac salue l'animateur écologiste Nicolas Hulot, au palais de l'Elysée, le 12 décembre 2006 à Paris, après l'installation du comité chargé de préparer la conférence internationale sur l'environnement.
Le président Jacques Chirac salue l'animateur écologiste Nicolas Hulot, au palais de l'Elysée, le 12 décembre 2006 à Paris, après l'installation du comité chargé de préparer la conférence internationale sur l'environnement. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Nicolas Hulot a longtemps entretenu une amitié avec Jacques Chirac. En 2002, après avoir publié un essai – Combien de catastrophes avant d'agir ? (éd. Seuil) – il devient conseiller du président sur les questions environnementales. A ce titre, l'écologiste participe d'ailleurs à la rédaction du discours de Johannesburg (Afrique du Sud), prononcé en 2002 par l'ancien président, lors du sommet mondial sur le développement durable.

Deux ans plus tard, dans le documentaire Le syndrome du Titanic, il revient avec amertume sur l'inaction des politiques face à la catastrophe écologique annoncée. A cette occasion, il révèle qu'un poste de ministre de l'Ecologie lui avait été proposé. Mais au final, selon Télérama, Nicolas Hulot aurait refusé ce poste de ministre à deux reprises. Lors de la campagne présidentielle de 2007, il lance un "Pacte écologique" signé par les principaux candidats. Y compris Nicolas Sarkozy, futur vainqueur de l'élection.

Sous Sarkozy, un poste de ministre d'Etat refusé

A l'arrière-plan, l'écologiste Nicolas Hulot pique une tête, derrière de nombreuses personnalités réunies pour le dernier jour des discussions autour du Grenelle de l'Environnement, le 25 octobre 2007 à l'Elysée.
A l'arrière-plan, l'écologiste Nicolas Hulot pique une tête, derrière de nombreuses personnalités réunies pour le dernier jour des discussions autour du Grenelle de l'Environnement, le 25 octobre 2007 à l'Elysée. (OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP)

"Je considère qu'un grand ministère du Développement durable, doté de moyens considérables, responsable de services opérationnels, aura plus d'efficacité", lance Nicolas Sarkozy pendant la campagne, devant la Fondation Nicolas Hulot. "Et admettez qu'au terme de nos échanges, je vous ai accordé qu'il soit bien confié à un ministre d'Etat, c'est-à-dire au numéro 2 du gouvernement." Difficile d'être plus clair, mais le nouveau président essuie un refus, avant même d'être élu. "A ce poste nouveau, délicat, il faudrait quelqu'un qui, au-delà de ses compétences écologiques, ait une solide expérience des institutions", explique Nicolas Hulot.

Après avoir refusé ce poste – finalement confié à Jean-Louis Borloo – Nicolas Hulot est toutefois associé aux discussions sur le Grenelle de l'environnement. Il claque la porte en 2010, furieux de l'abandon de la taxe carbone par le gouvernement. Interrogé après l'élection de François Hollande, il répond à une question sur ce sujet. "Dès que vous êtes ministre ou que vous rendez dans un parti, vous vous privez de l'attention – au minimum – de la moitié de la population française, explique Nicolas Hulot, au micro de BFMTV. Je suis plus utile à essayer de jeter des passerelles, à opérer des convergences."

Sous Hollande, une rumeur étouffée

Peu de temps après son élection, François Hollande nomme Nicolas Hulot en tant qu'envoyé spécial pour la protection de la planète, en septembre 2012. L'objectif de sa mission, entre autres, est de préparer l'organisation de la COP21. Encore et toujours, le locataire de l'Elysée songe à confier davantage de responsabilités à l'éternel conseiller présidentiel. Fin 2015-début 2016, François Hollande songe même à confier "un super-ministère" de l'Ecologie à Nicolas Hulot, selon les informations d'Europe 1, doublé du statut de ministre d'Etat. Mais encore et toujours, Nicolas Hulot préfère décliner, tout en remerciant le président "de la confiance qu'il n'a cessé de lui accorder".