Municipales : le FN poursuit l'AFP et un ancien militant pour diffamation

L'ancien militant a vertement critiqué le parti et ses militants, ce qui n'a pas plu à la direction du Front national.

Arnaud Cléré devant son local de campagne à Gamaches (Somme) le 13 mai 2013.
Arnaud Cléré devant son local de campagne à Gamaches (Somme) le 13 mai 2013. ( ANGELIKA WARMUTH / EPA / MAXPPP)
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Sept mois au FN et puis s'en va. Ex-militant UMP de la Somme, Arnaud Cléré a demandé à Jean-François Copé, président de l'UMP, d'être réintégré après avoir été exclu pour avoir fait une alliance avec des représentants du Front national en vue des élections municipales de mars 2014 dans sa commune, à Gamaches. 

Il a quitté le parti frontiste en critiquant vertement les militants qu'il dit y avoir rencontré. Ses propos lui ont valu, ainsi qu'à l'Agence France Presse qui les a relayé, une plainte du FN pour diffamation. 

"Tatouages de croix gammées", "propos homophobes"...

Invité d'Europe 1 dimanche 24 novembre, le patron de l'UMP révèle qu'il a reçu une lettre d'Arnaud Cléré afin d’être réintégré à son parti d’origine. En mai 2013, il expliquait au Courrier Picard : "Pourquoi devrais-je repousser ces gens-là ! Ils n'ont ni la lèpre ni la galle. Je n'aurais pas fait alliance avec le FN de Jean-Marie Le Pen, mais je ne vois pas en quoi le FN de Marine Le Pen n'est pas républicain." Il avait ainsi adhéré à Souveraineté indépendance et liberté, un parti associé au FN, qui présente ses candidats sous l’étiquette Rassemblement bleu marine, rapporte Rue89.

Mais Arnaud Cléré regrette aujourd'hui cette démarche. "J'ai demandé ma réintégration a l'UMP. J'ai commis l'erreur de m'allier avec un parti non républicain,sectaire et dictateur qu'est le FN", tweete dimanche l'ex-militant UMP, après les déclarations de Jean-François Copé à son sujet.  "J’ai fait une erreur, celle de penser que le FN était un parti fréquentable. Quand on voit Marine Le Pen à la télévision, on ne peut pas imaginer à quoi ressemble l’arrière-boutique", confie Arnaud Cléré à Rue89.

Evoquant des "tatouages de croix gammées sur deux ou trois personnes", le militant explique avoir "été choqué par les propos homophobes et xénophobes des militants". Et il ajoute : "Ils parlent sans arrêt de 'pédé', de 'pédé', de 'pédé', ça me fait froid dans le dos". Dans un communiqué, le FN a qualifié ces propos de diffamatoires et a annoncé le dépôt d'une plainte contre Cléré et l'Agence France Presse, qui les a relayé.