Femmes, frères, enfants... Quand les députés font travailler la famille

La publication des déclarations d'intérêts des parlementaires confirment que pour certains élus, la politique se pratique avec ses proches.

Le député UMP Jean-François Copé et sa femme Nadia lors d'une manifestation contre le mariage pour tous à Paris, le 13 janvier 2013.
Le député UMP Jean-François Copé et sa femme Nadia lors d'une manifestation contre le mariage pour tous à Paris, le 13 janvier 2013. (FRED DUFOUR / AFP)
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Les assistants parlementaires sortent de l'ombre. Pour la première fois, ils se retrouvent exposés avec la publication des déclarations d'intérêts des députés et sénateurs, jeudi 24 juillet, qui obligent les élus à déclarer le nom et les activités annexes de leurs employés.

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Selon les relevés effectués par francetv info, près d'une centaine de députés emploient au moins un collaborateur portant leur nom. Qu'il s'agisse de leur conjoint, de leur enfant, ou d'un parent... La politique devient parfois une affaire de famille.

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Maris et femmes, un duo loin d'être inédit

La pratique est monnaie courante, jusqu'au perchoir du Palais Bourbon. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait été parmi les premiers à être épinglé, bien avant la publication des déclarations d'intérêts. Le socialiste emploie effectivement sa femme Véronique à son cabinet, en tant que "chargée de mission interventions et droit des femmes". "Je n'ai pas embauché ma femme, j'ai épousé ma collaboratrice", expliquait-il pour justifier cette association professionnelle.

Il est loin d'être le seul. L'ex-président de l'UMP, Jean-François Copé, travaille également avec sa femme Nadia, comme l'avait révélé Mediapart. Le socialiste François Pupponi, les centristes François Sauvadet et Yves Jégo ou le député Bleu marine Gilbert Collard se sont eux aussi attachés les services de leurs compagnes. Le mari de l'élue UMP Laure de la Raudière complète son activité d'exploitant forestier en travaillant également pour son épouse.

Comme Claude Bartolone, d'autres assument sans problème cette pratique. "Franchement le rythme de travail que nous avons (...) peut rendre vraiment étranger l'un à l'autre dans un couple, justifie l'UMP Patrice Martin-Lalande sur France Info. Travailler ensemble, ça permet de comprendre, de partager, de s'épauler." Le parlementaire estime donc que collaborer avec sa conjointe est bon pour son "équilibre de vie" et donc, in fine, pour ses électeurs : "Quand on est bien dans sa peau, on fait mieux son boulot."

Une pratique qui n'est pas illégale

Mais les maris, épouses et conjoints ne sont pas les seuls à travailler dans les allées de l'Assemblée nationale. Le député écologiste Sergio Coronado emploie son frère Ricardo, relève 20 Minutes. L'UMP Claude Goasguen fait travailler son fils Olivier, note Le Parisien. La socialiste Geneviève Gosselin-Fleury emploie un certain Alain Gosselin comme chauffeur à temps partiel, et le membre du groupe UMP François Scellier liste parmi ses collaborateurs Julien et Benoît Scellier.

La pratique n'a en soi rien d'illégale, rappelle Libération (article payant), mais quelques gardes-fous ont été mis en place : impossible pour un député de rémunérer son conjoint plus de 4 752 euros bruts par mois. S'agit-il, pour certains, d'emplois fictifs ? La plupart des élus et collaborateurs parlementaires interrogés par le quotidien minimisent l'existence d'abus.