Démission au gouvernement : la classe politique divisée sur les cas de François Bayrou et de Marielle de Sarnez

Empétrés dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés MoDem, le garde des Sceaux, François Bayrou, et la secrétaire d'État aux Affaires européennes, Marielle de Sarnez, quittent le gouvernement. Tour d'horizon des réactions de la classe politique. 

 Francois Bayrou et Marielle de Sarnez, le 15 novembre 2015. (Photo d\'illustration)
Francois Bayrou et Marielle de Sarnez, le 15 novembre 2015. (Photo d'illustration) (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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Le remaniement annoncé sera donc plus conséquent que celui initialement prévu. Mercredi 21 juin, le garde des Sceaux, François Bayrou, et la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Marielle de Sarnez, ont annoncé quitter le gouvernement. Deux départs qui font suite à la démission de la ministre des Armées, Sylvie Goulard et du ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand tous deux visés par des affaires. 

Ces démissions, à la veille du projet de loi de moralisation de la vie publique, soulage la pression qui pesait sur le gouvernement pour certains ou confirme le renouveau de "façade" pour d'autres. 

Une décision saluée 

La décision de ces deux ministres est saluée par la classe politique proche du mouvement En Marche !. L'ancienne eurodéputée MoDem, Corinne Lepage, salue une décision éthique. "François Bayrou donne une bonne image de ce que doit être un garde des Sceaux. Quelqu'un qui est capable de passer à titre personnel après l'intérêt de sa fonction", a t-elle réagi, mercredi 21 juin, sur franceinfo. 

Elle a été rejoint par Franck Riester, député LR de Seine-et-Marne, qui estime que cette décision "va dans le bon sens". Il a souligné "la cohérence dans l'attitude du président", et a rappelé que son parti "n'a pas tellement de leçons à donner", avant de citer François Fillon et sa promesse de retirer sa candidature à la présidentielle, s'il était mis en examen... Ce qu'il a finalement refusé de faire. 

Même son de cloche chez le député socialiste de Seine-et-Marne, Olivier Faure, qui applaudit "une décision sage, même indispensable" et qui "souhaite maintenant (...) aller très loin sur cette loi dite de confiance".

Macron indirectement touché par ces démissions 

Néanmoins, ces démissions entâchent les premiers jours de la présidence de la République pour certains politiques, comme le député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel.  "J'ai l'impression que l'enfumage autour d'Emmanuel Macron, d'une République exemplaire, de quelqu'un qui paraît marcher sur l'eau va se révéler celui d'une Ve République avec tous ses défauts, avec des affaires, tout ce qu'on a déjà vécu sous François Hollande ou Nicolas Sarkozy" explique-t-il.

"On voit bien que la tension existait avec François Bayrou" a décrypté Julien Dray, conseiller régional PS d'Île-de-France, invité de franceinfo mardi 21 juin. Selon lui, ces départs "tombent pas mal pour le groupe majoritaire En Marche ! et le président de la République parce que malgré tout ils se débarrassent du MoDem." 

Mais pour le socialiste, ces démissions étaient inévitables, notamment pour François Bayrou : "C'est très compliqué pour un garde des Sceaux de conduire une réforme de la moralisation de la vie politique, d'être au cœur de cela et en même temps d'avoir sous sa hiérarchie un certain nombre de juges qui enquêtent sur vos pratiques politiques"

Le MoDem devenait un allié un peu encombrant.

Julien Dray, conseiller régional PS d'Île-de-France

à franceinfo

Ce constat est partagé par le député européen frontiste, Florian Philippot, qui a critiqué, mercredi 21 juin sur franceinfo, le fait "qu'on nous avait promis de nouvelles pratiques, la moralisation, les enquêtes qui allaient nous permettre d'avoir des gouvernements merveilleux immédiatement. Monsieur Bayrou devait être sous enquête quand il a été nommé, et Madame de Sarnez. Il nous avait fait ce numéro où on avait retardé l'annonce du gouvernement parce que soi-disant on enquêtait. Tout était dans le livre de Mme Lepage"

La loi de moralisation de la vie politique invoquée

Le projet de loi sur la moralisation de la vie publique est également invoqué pour critiquer les intentions d'exemplarités du mouvement En Marche !. Pour le député Les Républicains du Nord, Sébastien Huyghe, "cela commence à faire beaucoup. Quatre ministres qui sont obligés de quitter le gouvernement après avoir donné tant de leçons pendant la campagne électorale sur la transparence, l'exemplarité". 

"En matière d'exemplarité, il faut cesser de donner des leçons à tout le monde. Il faut rester humble, voire comment on peut faire pour renforcer la confiance des Français vis-à-vis de la politique avec un certain nombre de règles claires", a estimé Sébastien Huyghe.