L'allongement des vacances de la Toussaint n'est qu'"une piste". Rien de plus. En marge d'un déplacement de campagne pour les législatives à Angers (Maine-et-Loire), jeudi 14 juin, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a modéré l'annonce faite par son ministre de l'Education, Vincent Peillon. Le chef du gouvernement assure qu'une concertation "aura lieu tout le mois de septembre".

A l'origine de cette mise au point : une interview de Vincent Peillon à L'Est républicain parue le même jour. Le ministre de l'Education nationale s'y dit "pas hostile" à des vacances de deux semaines à la Toussaint pour les élèves. Cela pourrait faire partie de la réforme des rythmes scolaires qu'il souhaite mettre en place. Et le ministre de donner des détails sur d'autres dispositifs, tels que les créations de postes. Morceaux choisis.

• Sur les vacances de la Toussaint

Vincent Peillon avait affirmé, avant même le premier Conseil des ministres, qu'il souhaitait repasser à la semaine de cinq jours à l'école. Il confirme ces propos à L'Est républicain. "Tout le monde arrive à la même conclusion : une semaine de quatre jours, des vacances très longues, des journées surchargées, ce n’est pas bon. Une réforme s’impose." Pour ce faire, il a "suspendu le calendrier 2013-2014", ce qui signifie qu'il va remettre à plat un certain nombre de choses.

Parmi elles, la durée des vacances de la Toussaint. "Je ne suis pas hostile à respecter l’avis du Conseil supérieur de l’Education pour le calendrier 2012, dit-il, et d’instituer deux semaines de vacances à la Toussaint. Quand on crée des instances de concertation, il faut rompre avec l’habitude de ne pas tenir compte des avis qu’elles émettent."

Selon le site internet de France Info, elles commenceraient donc le samedi 27 octobre pour s'achever le 11 novembre, plutôt que le 8 novembre comme prévu.

• Sur les créations de postes

Promesse phare de la campagne de François Hollande, la création de 60 000 postes dans l'Education nationale prend un peu plus forme dans cette interview. Quelque "14 000 suppressions ont été décidées par mon prédécesseur pour cette rentrée, rappelle le ministre. Nous n’allons pas les recréer en quinze jours. Nous ferons porter prioritairement nos efforts sur le primaire, conformément aux engagements du président de la République. Car depuis vingt, voire trente ans, c’est le primaire qui a été le moins bien traité", juge-t-il. "Or, c’est au CP, au CE1 que tout se joue, qu’on apprend à lire, écrire et compter."

Comment compte-t-il procéder ? "Nous tiendrons compte de quatre critères : le taux d’encadrement, le taux de réussite, les catégories socioprofessionnelles, une attention particulière aux zones rurales." Par ailleurs, "une enveloppe de postes sera attribuée à chaque académie, à charge pour elle de la gérer en concertation au plus proche du terrain".

• Sur la réforme de l'apprentissage

Enfin, le ministre de l'Education revient sur la loi Cherpion, que le gouvernement s'apprête à abroger. Celle-ci permet l’entrée précoce en apprentissage, dès 14 ans. "C’est un retour au passé et non un progrès. 16 ans nous paraît un âge raisonnable", dit-il, car "la préorientation précoce conduit à faire du tri social et mine la réussite scolaire des jeunes".