Régionales : Juppé et Fillon lancent les hostilités pour 2017 après le pari raté de Sarkozy

Les résultats décevants de la droite marquent le coup d'envoi de la primaire pour la présidentielle, qui doit se tenir dans moins d'un an.

Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, lors d'un meeting des Républicains à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), le 27 septembre 2015.
Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, lors d'un meeting des Républicains à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), le 27 septembre 2015. (MAXPPP)

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Certes, avec sept régions métropolitaines contre cinq, la droite fait mieux que le gauche. Certes, la droite remporte la symbolique bataille de l'Ile-de-France, se payant le luxe de battre le président socialiste de l'Assemblée nationale. Mais les résultats du second tour des élections régionales, dimanche 13 décembre, n'ont rien de la vague bleue que pouvait laisser espérer l'impopularité chronique de la gauche au pouvoir.

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Cette contre-performance place le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, dans une situation inconfortable. Dès dimanche soir, ses principaux rivaux, Alain Juppé et François Fillon, se sont placés dans l'optique de la primaire à droite pour la présidentielle.

Sarkozy prend acte "des avertissements" des électeurs

Pas de quoi triompher pour Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat a estimé que "l'unité dans la famille des Républicains, l'union avec le centre, le refus de toute compromission avec les extrêmes ont permis ces résultats. Ces principes doivent rester les nôtres dans l'avenir." Mais dans le même temps, il a affirmé que cette "mobilisation" ne devait "sous aucun prétexte faire oublier les avertissements qui ont été adressés à tous les responsables politiques, nous compris, lors du premier tour".

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Le chef des Républicains est resté plutôt vague quant à la ligne politique qu'il souhaitait défendre dans les semaines et les mois à venir. "L'unité et l'union ne peuvent pas être de circonstance, mais traduire la volonté déterminée de tous les responsables de l'opposition d'avancer ensemble vers les prochaines échéances", a-t-il asséné, en visant implicitement les candidats (déclarés ou non) à la primaire. "Ce serait une grave erreur de passer, comme trop souvent, d'une élection à une autre, comme si les Français ne nous avaient rien dit", a-t-il souligné.

Juppé prononce un discours de présidentiable

Il a appelé son camp à la "lucidité" et a mis en garde contre les "mauvaises réponses", après ce second tour. "Ne nous lançons pas dans un débat vain pour savoir si notre positionnement était trop à droite ou pas assez, trop au centre ou pas assez. Ne tombons pas dans des querelles partisanes. Prenons du recul", a déclaré Alain Juppé dans la soirée. Selon lui, la priorité de la droite "doit être de préparer les bonnes réponses aux véritables attentes des Français".

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Candidat déclaré à la primaire de la droite, Alain Juppé s'est lancé dans un véritable discours de présidentiable, affirmant sa "détermination à changer radicalement de cap". "François Hollande et ses gouvernements ont échoué. La sanction la plus rude de cet échec est la montée inexorable du chômage, ce cancer qui mine notre société. Il faut donc que la France ait une autre politique économique, une autre politique fiscale, une autre politique pénale et de sécurité, une autre politique de santé, une autre politique d'immigration, une autre politique d'éducation", a-t-il énuméré.

Fillon "repart au combat" pour 2017

François Fillon, lui non plus, ne voit guère d'éléments positifs dans les résultats de ce second tour. "Ce sursaut [face au FN] est un réconfort, mais il n'efface pas le 6 décembre, qui reste le véritable baromètre de l'état du pays", a-t-il lancé. Et l'ancien Premier ministre de souligner que la montée du Front national "prive l'opposition de la nette victoire qu'appelait l'échec de François Hollande et de sa majorité".

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Au-delà de ce constat, François Fillon a lâché ses coups, en creux, contre Nicolas Sarkozy : "La colère s'étendra tant qu'on ne proposera pas aux Français un projet puissant et crédible." 

Selon lui, "la détresse des Français est liée à un manque désespérant de croissance, d'emploi, de sécurité et de confiance nationale". "Et pourtant, assure-t-il, j'ai la conviction qu'avec des réformes audacieuses, la France peut se libérer, se redresser, reprendre confiance en elle-même, et même devenir la première puissance européenne." Sans faire mystère de son avenir, il a prévenu : "Je propose un projet pour faire gagner la France et dès demain, je repars au combat." Nicolas Sarkozy est prévenu.