Primaire à droite : des propos jugés antisémites de Jean-Frédéric Poisson vont être examinés par la commission d'organisation

Le président de la commission, le député Thierry Solère, condamne, jeudi, avec la plus grande force des propos du candidat sur Hillary Clinton et "les lobbies sionistes".

Le président du Parti chrétien-démocrate, candidat à la primaire à droite, Jean-Frédéric Poisson, le 24 mai 2016.
Le président du Parti chrétien-démocrate, candidat à la primaire à droite, Jean-Frédéric Poisson, le 24 mai 2016. (JOEL SAGET / AFP)
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Jean-Frédéric Poisson est dans le collimateur de la commission d'organisation de la primaire à droite. En cause, des propos tenus par le candidat dans Nice-Matin, mercredi 19 octobre. "La proximité de Mme Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France", déclare-t-il dans les colonnes du quotidien régional.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s'est dit "consterné" par ces "propos abjects". Son président, Francis Kalifat, estime dans un communiqué qu'"au-delà de leur caractère insidieusement antisémite, ces propos relèvent des thèses conspirationnistes dont on sait qu’elles sont le fond de commerce des extrémistes les plus violents". Et qu'avec cette déclaration, "Jean-Frédéric Poisson s’est placé en dehors du cadre de la primaire de la droite et du centre", s'installant "aux côtés d’un Alain Soral ou d’un Dieudonné, dont il épouse les thèses".

Un candidat proche de l'extrême droite

Contacté par franceinfo, Jean-Frédéric Poisson assume la totalité de ces propos, mais il ne voit "aucune espèce de thèse conspirationniste", car "il existe bien des groupes de pression sionistes qui agissent aux Etats-Unis". Placer dans la même phrase "les super financiers de Wall Street" et "les lobbies sionistes" ne pose pas de problème au député des Yvelines. "Je dis juste qu'Hillary Clinton est liée aux deux", se défend-il. Interrogé sur la radio RCJ, Jean-Frédéric Poisson a reconnu que ses propos aient "pu provoquer une sorte d'émotion au sein du Crif". "J'en suis désolé, parce que ce n'était évidemment pas mon intention, et je veux redire ici toute l'amitié que j'ai pour l'Etat d'Israël et pour le peuple juif dans son ensemble."

Reste que la commission d'organisation de la primaire pourrait ne pas l'entendre de cette oreille. Le président de cette instance, le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (proche de Bruno Le Maire), affirme à franceinfo que ces propos et la suite qui leur sera donnée seront examinés lors de la prochaine réunion, prévue le 26 octobre. A titre personnel, il "condamne avec la plus grande force" les propos de Jean-Frédéric Poisson. "Le terme 'lobby sioniste' n'a pas du tout la même signification en France qu'aux Etats-Unis. Cette déclaration alimente, en effet, des thèses conspirationnistes mâtinées d'antisémitisme", poursuit-il.

Cette nouvelle polémique renforce les doutes sur le positionnement politique de Jean-Frédéric Poisson. Le président du Parti chrétien-démocrate, fondé par Christine Boutin, a récemment annoncé qu'il tiendrait en décembre un meeting commun avec le maire d'extrême droite de Béziers, Robert Ménard. En mai, il avait reconnu être "plus proche de Marion Maréchal-Le Pen que de Nathalie Kosciusko-Morizet".