Présidentielle : qui sont les treize candidats à la primaire de la droite ?

Le député Henri Guaino s'est déclaré candidat, lundi 13 juin.

Henri Guaino lors de la cérémonie d'inauguration du square Charles-Pasqua, au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), le 12 mars 2016.
Henri Guaino lors de la cérémonie d'inauguration du square Charles-Pasqua, au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), le 12 mars 2016. (SERGE TENANI / CITIZENSIDE / AFP)

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Ils sont désormais treize dans la course. La liste des candidats s'allonge pour la primaire de la droite, prévue les 20 et 27 novembre. Le dernier en date est le député Henri Guaino, qui est entré officiellement en lice lundi 12 juin en se déclarant sur France Inter. D'autres sont encore attendus. C'est notamment le cas de Nicolas Sarkozy, qui a jusqu'au 9 septembre pour déposer son dossier.

La liste officielle sera dévoilée le 21 septembre. Pour être validée, une candidature doit être parrainée par 20 parlementaires, 2 500 adhérents et 250 élus de 30 départements au moins, comme l'expliquent Les Echos. Certains ont pris les devants. Qui sont donc ces douze candidats qui ont d'ores et déjà dévoilé leurs ambitions pour 2017 ? 

Le gaulliste : Henri Guaino

Henri Guaino a annoncé lundi 12 juin sa candidature à la primaire et envisage de se présenter directement à la présidentielle de 2017 s'il n'obtient pas les parrainages requis pour se mêler à la campagne de son camp. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, dont il a rédigé quelques-uns des discours les plus emblématiques, dit vouloir incarner la famille gaulliste, aujourd'hui orpheline, selon lui.

"J'y vais parce que j'ai quelque chose à dire. J'en ai assez de la pensée unique, des politiques d'austérité. J'en ai assez d'une politique qui n'est plus capable, c'est ça le gaullisme, de dire non, de temps en temps", a-t-il dit sur France Inter. "Jamais la situation du monde depuis les années 1950 n'a été autant propice à quelque chose qui ressemble au gaullisme. Parce que jamais le désordre du monde, même depuis la seconde guerre mondiale, n'a été aussi grand", a également déclaré le député LR des Yvelines.

Le souverainiste : Jacques Myard

Son nom circulait déjà depuis quelques semaines parmi les adhérents Les Républicains des Yvelines, d'après Le Parisien. A 68 ans, Jacques Myard a annoncé, mardi 5 avril sur LCI, sa candidature à la primaire de la droite, affirmant avoir "bien l'intention de faire entendre [sa] voix dans ce débat." Le député, "gaulliste depuis toujours", entend "poser la question de la souveraineté de la France, c'est-à-dire que ce peuple, cette nation garde la maîtrise de ses décisions".

Il a assuré ensuite qu'il ne rejetait pas l'Europe, mais qu'il refusait "l'intégrisme européen." "Moi je dis 'oui' à la coopération européenne, mais 'non' au diktat européen", a-t-il déclaré.

Le confiant : Geoffroy Didier

"Je suis candidat à la primaire de la droite pour proposer une manière neuve d'être et de faire, un retour aux sources de l'engagement par l'écoute, le respect, le mérite et le bon sens." Dans un entretien accordé à Direct Matin le 29 mars, le vice-président Les Républicains de la région Ile-de-France, Geoffroy Didier, a lui aussi annoncé sa participation à la primaire. 

Le candidat s'affirme confiant, tant sur les parrainages nécessaires, jugeant que les "parlementaires sauront reconnaître ceux qui méritent d'être soutenus et ceux qui ne le méritent pas", que sur ses opposants, mettant en avant sa jeunesse et sa présence sur le terrain. Geoffroy Didier propose déjà quelques mesures : renforcement des moyens de la police et de la justice, école maternelle obligatoire dès 3 ans et limitation des allocations "à 75% du smic."

La décalée : Nathalie Kosciusko-Morizet

Nathalie Kosciusko-Morizet a choisi le mardi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, pour annoncer sa candidature à la primaire de la droite. "Je suis candidate pour donner à chacun les moyens de la maîtrise de sa vie. (...) Ce n'est pas une question de pouvoir, c'est une question de puissance de la société. Je veux porter une conception différente du pouvoir", a-t-elle déclaré sur TF1.  

A 42 ans, la députée de l'Essonne joue ouvertement de son côté "bobo" de droite, attachée à l'écologie (elle a été secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie de 2007 à 2009 et a œuvré à l'organisation du Grenelle de l'environnement) et à l'économie numérique (dont elle a également été en charge). Evincée de la direction des Républicains par Nicolas Sarkozy, la Polytechnicienne assume au grand jour ses divergences avec l'ex-président de la République. 

Le bon élève : Bruno Le Maire

Le député de l'Eure a officialisé son entrée dans la course aux primaires le 24 février à Vesoul (Haute-Saône). Devant 800 personnes, Bruno Le Maire a déclaré : "Oui je suis candidat pour devenir le prochain président de la République française." 

L'ancien ministre de l'Agriculture, qui a déjà une belle carrière politique derrière lui, se pose à 46 ans comme le candidat du renouveau : "Je dis à tous ceux qui sont derrière moi et qui incarnent cette nouvelle génération qui vient. Prenez le pouvoir, battez-vous". L'ex-directeur de cabinet de Dominique de Villepin multiplie depuis des mois les déplacements dans toute la France en vue de ces primaires.

Le revenant : Jean-François Copé

Il tente son retour au premier plan de la scène politique. L'ancien président de l'UMP Jean-François Copé a annoncé, dimanche 14 février, sur le plateau du "20 heures" de France 2, qu'il se présentait à la primaire de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017.

"Je crois que je suis prêt", a-t-il indiqué, soulignant "la décision des juges", lundi, de ne le placer que sous le statut de témoin assisté dans l'affaire Bygmalion"Jamais je n'aurais imaginé être candidat si j'étais mis en examen", a-t-il ajouté, martelant son "innocence" dans cette "triste affaire".

L'inattendu : Frédéric Lefebvre

Le député de la première circonscription des Français établis hors de France vient tout juste d'annoncer sa candidature. Il a envoyé un courrier aux maires, jeudi 21 janvier. "Je ne suis pas un candidat de plus, mais celui qui porte un projet différent", affirme-t-il.

Il y dénonce "cette politique qui (...) se déchire sur la déchéance de nationalité, les crèches dans les lieux publics ou le cumul des mandats, au lieu de se concentrer sur l'urgence : la lutte contre le chômage et les inégalités sociales et géographiques." 

L'inconnu : Hassen Hammou

Ce Marseillais rêve de tenir tête aux ténors des Républicains. Issu du monde associatif, Hassen Hammou s'était présenté lors des municipales de 2014 dans les quartiers nord de Marseille. Il avait également interpellé François Hollande en novembre 2014 lors de l'émission "En direct avec les Français", diffusée sur TF1. 

Il souhaite désormais "représenter une candidature populaire qui vient du bas", a-t-il déclaré à l'AFP. Le compte Twitter de ce Marseillais de 27 ans annonce donc la couleur : "Candidat à la primaire des Républicains 2017. Militant associatif. Homme de cœur. Je compte sur chacun d'entre vous pour m'aider à changer réellement les choses", écrit-il dans sa description. 

Le risque-tout : François Fillon

L'ancien Premier ministre a annoncé sa candidature à la primaire en avril 2015, dans un entretien accordé au Point. "Je me battais pour l'adoption de cette primaire depuis deux ans. Dans ces conditions, je suis candidat pour porter un projet de rupture et de progrès autour d'une ambition : faire de la France la première puissance européenne en dix ans", expliquait-il. 

D'après un sondage réalisé par Harris Interactive début janvier, 6% des sympathisants voteraient pour lui, et il serait devancé par Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire. S'il perd cette primaire, François Fillon a assuré qu'il quittera la politique

Le premier lancé : Alain Juppé

Il est, pour le moment, le grand favori de cette primaire. Le maire de Bordeaux a annoncé sa candidature dès la fin de l'été 2014, alors que la primaire n'était pas encore actée. "J’ai décidé d’être candidat, le moment venu, aux primaires de l’avenir", avait-il alors écrit sur son blog

Il est pour le moment donné vainqueur. Dans le dernier sondage en date, publié le 18 janvier, les sympathisants de la droite et du centre lui accordent 45% de leurs voix, devant Nicolas Sarkozy (21%). Chez les seuls sympathisants des Républicains, il est également préféré à l'ancien président de la République, à 40% contre 35%.

Le "libéral" : Hervé Mariton

"Je me présente parce que je pense que l'intérêt de la France commande qu'un candidat libéral porte le projet d'une société ouverte, pour rendre aux personnes et à la société civile la maîtrise de leur destin", avait déclaré le député Les Républicains de la Drôme, Hervé Mariton, dans les colonnes du Figaro, le 20 septembre 2015.

Il espère atteindre les 6,32%, son score lors de l'élection du président de l'UMP"Si, au minimum, je réitère mon score lors de l'élection à la présidence de l'UMP et que quelques mois plus tard, je suis nommé Premier ministre, je ne me plaindrai pas !" avait-il ajouté.

La revancharde : Nadine Morano

L'eurodéputée fera "entendre sa voix" lors de la primaire. C'est ce qu'elle a déclaré au micro de RMC le 4 septembre 2015, alors qu'elle avait auparavant comparé cette élection à un "Koh-Lanta des politiques". Nadine Morano compte donc bien prendre sa revanche après son exclusion des listes régionales dans le Grand Est, le 7 octobre 2015, après ses propos sur "la France, pays de race blanche".

Elle revendiquait déjà une large expérience dans les colonnes du Parisien, en août 2015 : "J'ai été élue deux fois députée dans une circonscription de gauche, ministre quatre ans et trois mois, quasiment un quinquennat", avait-elle énuméré.

L'outsider : Jean-Frédéric Poisson

Le président du Parti chrétien-démocrate (PCD) et député Les Républicains des Yvelines a annoncé sa candidature dans un entretien accordé à Valeurs actuelles le 14 septembre 2015. "La reconduction des mêmes discours émanant des mêmes personnes produit les mêmes impasses ! Les Français attendent autre chose", justifiait-il. Jean-Frédéric Poisson a également déclaré vouloir se présenter au nom du PCD et non des Républicains.