"Pour la France, j'y vais quand même" : un drôle de tract avec Nicolas Sarkozy fleurit sur les pare-brise en Ile-de-France

Les équipes de l'ancien candidat à la primaire de la droite assurent à franceinfo qu'elles n'y sont pour rien. Normal, c'est un collectif d'artistes qui se cache derrière cette opération.

Tract de Nicolas Sarkozy distribué sur les pare-brise de voitures à Paris et en proche banlieue, mardi 29 novembre 2016.
Tract de Nicolas Sarkozy distribué sur les pare-brise de voitures à Paris et en proche banlieue, mardi 29 novembre 2016. (RAPHAEL GODET / FRANCE TELEVISIONS)
avatar
Raphaël GodetfranceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Même photo, mêmes couleurs, même compte Twitter. C'est un tract de Nicolas Sarkozy plus vrai que nature qui a été distribué dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 novembre sur les pare-brise des voitures à Paris et en proche banlieue. Seul le slogan a été légèrement modifié. Ce n'est plus "Tout pour la France", mais "Pour la France, j'y vais quand même". Un pied de nez du candidat à la primaire de la droite après son élimination dès le premier tourPas vraiment. Derrière cette opération se cache en fait le collectif d'artistes "boijeot.renauld". "On a distribué en tout 145 000 tracts en une nuit, raconte Sébastien Renauld, l'un de ces artistes, contacté par franceinfo. C'est une équipe de 90 personnes qui a mené cette opération. Elles étaient dans le secret depuis plusieurs semaines."

Le collectif, originaire de l'est de la France, n'en est pas à son premier coup. Il y a deux ans, lors des municipales en 2014, des faux tracts électoraux faisant croire aux candidatures de deux hommes politiques de Nancy et Metz avaient été distribués en ville.

Des militants sarkozystes sont tombés dans le panneau

Avant de connaître l'identité des instigateurs, les équipes de l'ancien chef de l'Etat ont passé la matinée à assurer qu'elles n'avaient "rien à voir là-dedans". "Nicolas est en vacances, on se parle tous les jours. Franchement, je ne comprends pas, c'est un mystère, mais je penche pour un canular", expliquait Gérald Darmanin, son ancien coordinateur de campagne, joint par franceinfo. 

Mais rien à faire, des militants ont vraiment cru au retour de leur champion. "J'ai dû leur expliquer que non, Sarko n'est pas de retour en politique, s'agace Charles-Henri Alloncle, ancien responsable des Jeunes avec Sarkozy. Cette histoire a créé une fausse joie." 

Dans la matinée, le slogan "J'y vais quand même" a aussi eu droit à son URL. Mais le collectif d'artistes promet qu'il n'est cette fois pas dans le coup. En cliquant sur le lien, l'internaute était redirigé vers la page Wikipedia… de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). L'adresse renvoie désormais vers un long texte politique, intitulé "Il n'y aura pas d'élection présidentielle". Hébergé par le site Medium, mais signé "anonymes", il appelle à "la constitution d'un contre-espace public et politique, partout en France, qui rende à son caractère dérisoire tout le spectacle décrépit de la politique."