Jean-François Copé dénonce "une crise de leadership" à droite

Dans une interview accordée au "Parisien", le maire Les Républicains de Meaux, candidat à la primaire de la droite, s'en prend tour à tour à Sarkozy et Fillon et met la barre à droite toute.

Jean-François Copé, le député-maire Les Républicains de Meaux (Seine-et-Marne), le 13 février 2016 à Paris.
Jean-François Copé, le député-maire Les Républicains de Meaux (Seine-et-Marne), le 13 février 2016 à Paris. (WITT / SIPA)
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Jean-François Copé veut "gravir l'Everest". Comme il le dit dans une interview accordée samedi 12 mars au Parisien, l'ancien secrétaire national de l'UMP, candidat à la primaire de la droite pour 2017, se présente en remède contre la "crise de leadership" qui frappe sa famille politique. Le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) en profite pour exposer son projet et égratigner au passage Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Il se présente (encore) en homme neuf

L'affaire Bygmalion, il n'a rien à voir là-dedans. C'est ce que Jean-François Copé veut absolument imprimer dans la tête des Français. "J'étais censé être le premier sur la liste des mis en examen, explique-t-il, comme il l'avait déjà martelé dans son livre Le sursaut français (Stock). Au final, les magistrats ont considéré que cela n'avait pas lieu d'être. Je demande simplement aux Français qui ont entendu tellement d'horreurs et de calomnies me concernant d'en prendre acte. Car on est dans un Etat de droit."

Il assure d'ailleurs que s'il avait été mis en examen ou condamné dans cette affaire, il n'aurait pas été candidat. Il reconnaît en revanche qu'elle plombe son image : "C'est vrai qu'être candidat alors que je dois être à 3 % dans les sondages, cela peut relever de l'ascension de l'Everest par la face nord" reconnaît-il, mais il s'estime légitime dans la course à l'investiture à droite. Car il n'a plus au dessus de lui "l'épée de Damoclès" que représente l'affaire Bygmalion et il estime avoir "un projet abouti".

Il tire à vue sur ses rivaux

Jean-François Copé se présente en homme nouveau, non seulement parce qu'il dit avoir "pris du recul" lors de ses 18 mois de traversée du désert. Mais il rappelle également, que lui n'a pas été membre de l'exécutif lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, contrairement à ses rivaux pour la primaire : "On ne peut pas mettre sur le même plan des gens qui ont dirigé la France et d'autres qui ne l'ont pas dirigée."

Bien qu'il ne veuille "pas citer de nom", il pointe du doigt une droite "qui a toujours reculé", qui est "obsédée à l'idée de séduire ceux qui n'ont pas voté pour elle" et qui "finit par ne pas faire ce pourquoi elle avait été élue et finalement est battue". Une description qui correspond à celle de Nicolas Sarkozy, ce que Jean-François Copé ne cache pas lorsqu'on lui demande ce qui lui pose problème chez l'ancien président : "Il se trouve que j'ai des divergences de fond avec lui sur un certain nombre de sujets. Notamment sur le fait que, pour moi, être de droite, c'est ne pas reculer." Il enfonce le clou en rappelant "les résultats très contrastés des régionales" qui "ont montré qu'il y avait besoin d'une mise à jour idéologique".

Il n'est pas plus tendre avec François Fillon. Après avoir expliqué qu'il préconise le recrutement de "50 000 soldats, policiers et gendarmes, magistrats et gardiens de prisons", il commente le fait que l'ex-Premier ministre recommande lui le contraire : "C'est une erreur par rapport à la réalité du terrain. En même temps, c'est normal qu'il le pense, puisque c'est lui qui a baissé le nombre de policiers lors du quinquennat précédent."

Il dénonce enfin, la "droite populiste", qu'il qualifie de "droite Donald Trump", "qui fait croire qu'il suffit de réduire le nombre de députés pour régler les problèmes de la France". Cette proposition de réduction du nombre de parlementaires avait notamment été soutenue par Alain Juppé, Bruno le Maire, Nicolas Sarkozy ou encore François Fillon.

Il penche pour des solutions ultra-libérales

Cette interview est publiée quelques heures avant le premier meeting que doit tenir Jean-François Copé, samedi soir, chez lui, à Meaux. Il s'agit ainsi de présenter ses axes de campagne, en ressortant sa bannière de "la droite décomplexée" : "Une droite fière de ce qu'elle est et qui, contrairement à ce qu'on a pu dire, n'est pas excessive ni extrémiste". 

Côté finances, il se dit capable de réaliser 100 milliards d'économies sur cinq ans. En contrepartie, il propose un plan très libéral, défendant "la liberté économique à tous les étages" : il veut ainsi "une réduction drastique des charges et des normes", "la généralisation du référendum d'entreprise" ou encore "l'inscription au registre du commerce pour chaque jeune à l'âge de 16 ans". Outre sa volonté de recrutement dans la police et la justice, il prône également "une nouvelle gouvernance avec le recours aux ordonnances".

Un positionnement très à droite qui ne l'empêche pas de se méfier de la gauche. Pour lui, François Hollande reste dangereux, bien que ses échecs sont immenses : "Ceux qui veulent déjà l'enterrer, à droite comme à gauche, ont tort de le sous-estimer. Ils avaient déjà commis cette erreur en 2012 et ce fut à leurs dépens. On n'est jamais élu président de la République par hasard."