Droits à la retraite de Laurent Wauquiez : la polémique en trois actes

Epinglé par le magazine "Lyon Capitale" pour avoir continué à cumuler ses droits à la retraite auprès du Conseil d'Etat malgré son détachement en 2004, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'est vigoureusement défendu, jeudi. 

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, lors d\'une conférence de presse à Valence (Drôme), le 7 septembre 2017.
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, lors d'une conférence de presse à Valence (Drôme), le 7 septembre 2017. (CHRISTOPHE ESTASSY / CITIZENSIDE / AFP)
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C'est une affaire fâcheuse pour Laurent Wauquiez, alors que celui-ci brigue la présidence des Républicains en décembre. Mercredi 13 septembre, Lyon Capitale révèle que le président de la région  Auvergne-Rhône-Alpes a de nouveau été placé en détachement de son poste au sein du Conseil d'Etat, via un arrêté du 4 septembre 2017. En clair, il s'est vu renouveler sa mise en détachement pour cinq ans de son poste de maître des requêtes.

Laurent Wauquiez bénéficie donc des droits à la retraite depuis treize ans pour un travail de deux mois seulement au Conseil d'Etat. Forcé de réagir, l'élu a mis en cause l'opportunité de ce genre d'attaque tandis que l'association anticorruption Anticor dénonce une pratique "choquante". Franceinfo fait le point sur cette polémique. 

1Lyon Capitale révèle l'affaire

Dans son édition du 13 septembre, Lyon Capitale explique que Laurent Wauquiez restera en détachement du Conseil d'Etat jusqu'au 19 juin 2022. "Une position qui lui permet, parallèlement à sa carrière politique, de conserver son avancement et de cumuler des points de retraite en tant que maître des requêtes. Alors même qu'il n'a pas mis les pieds au Palais-Royal depuis plus de treize ans. Et qu'il n'a occupé ce poste que deux mois", explique le magazine. 

Le ténor des Républicains a en effet débuté sa carrière de haut fonctionnaire en tant qu'auditeur de seconde classe, le 1er avril 2001, avant d'être promu maître des requêtes, le 1er avril 2004. Un poste qu'il n'a occupé que deux mois puisqu'il s'est mis en disponibilité afin de se consacrer à la campagne des législatives. Elu député de Haute-Loire en juin 2004, il se met ensuite en position de détachement, "bien plus avantageuse puisque les fonctionnaires détachés conservent leurs droits à avancement et à la retraite'", précise le Conseil d'Etat à Lyon Capitale. 

2Laurent Wauquiez insiste sur la légalité de sa situation

Dès le lendemain de la publication de l'article de Lyon Capitale, Laurent Wauquiez réagit sur sa page Facebook. "Je ne suis pas dupe du calendrier de ce genre d'attaques en pleine période de reconstruction de l'opposition", attaque-t-il d'abord. "Mais je n'ai aucun problème à faire la totale transparence sur ma situation", ajoute-t-il. 

"Il est important de préciser d'une part qu'il ne s'agit pas d'un régime spécial de retraite, d'autre part que tous mes droits à la retraite sont évidemment ouverts par des cotisations que je paye réellement", détaille-t-il. Conscient du trouble que peut susciter une telle information, il met en avant la légalité de sa situation. "[Elle] ne m'est pas propre, c'est l'application stricte de la loi pour tous les élus locaux en détachement."

3Anticor dénonce une faille du système "indéfendable"

La réponse de Laurent Wauquiez ne suffit pas à éteindre la polémique. Interrogé jeudi par franceinfole président de l'association anticorruption Anticor, Jean-Christophe Picard, dénonce un système "choquant et indéfendable". "C'est une faille du système dont certains profitent et qu'il faut corriger. Il faut imposer un cadre législatif aux élus locaux et limiter le cumul de retraites liées aux mandats", estime-t-il.

"Ce qui est choquant, c'est cette affaire de détachement qui leur permet, en plus, de bénéficier de la retraite. (...) Il y a encore beaucoup à faire pour moraliser les retraites des élus", conclut-il.