Ce que l'on sait de l'agression de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris

La candidate des Républicains dans la deuxième circonscription de Paris a perdu connaissance jeudi matin après un altercation avec un passant.

Un passant prend les tracts des mains de Nathalie Kosciusko-Morizet, place Maubert, à Paris, le 15 juin 2017.
Un passant prend les tracts des mains de Nathalie Kosciusko-Morizet, place Maubert, à Paris, le 15 juin 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Fin de campagne violente dans la deuxième circonscription de Paris. La candidate Les Républicains aux législatives, Nathalie Kosciusko-Morizet, est tombée et a perdu connaissance pendant plusieurs minutes, après avoir été agressée par un passant, jeudi 15 juin. La candidate distribuait des tracts sur un marché du 5e arrondissement. L'homme mis en cause s'est enfui et n'a pas été retrouvé. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Franceinfo résume ce que l'on sait de l'altercation.

Que s'est-il passé ?

Nathalie Kosciusko-Morizet, en ballottage défavorable pour le deuxième tour de l'élection législative dans la deuxième circonscription de Paris, faisait campagne sur le marché de la place Maubert, dans le 5e arrondissement, quand un homme lui a pris des mains les tracts qu'elle distribuait pour les lui lancer au visage.

"Quelqu'un est arrivé. Au début, on n'y a pas prêté attention jusqu'à ce qu'il hausse la voix et qu'il la traite de 'bobo de merde', puis il a tenté de lui porter un coup au visage", raconte à franceinfo un membre de son équipe présent sur place. "A ce moment-là, elle se protège et met sa main devant son visage, précise Geoffroy Van der Hasselt, photo-reporter pour l'AFP. Et les tracts heurtant sa main de manière assez violente, elle reçoit sa propre main dans sa figure." 

Déséquilibrée, l'ancienne ministre de l'Ecologie chute sur le sol et perd connaissance plusieurs minutes, sous une forte chaleur. Les pompiers interviennent et NKM reprend connaissance. Se tenant la tête, elle est alors installée dans leur camion puis conduite à l'hôpital Cochin, pour y effectuer des examens médicaux.

D'après une autre journaliste de l'AFP, présente au moment des faits, l'homme aurait hurlé : "C'est votre faute si on a Hidalgo aujourd'hui comme maire" à Paris, lui enjoignant de "retourner dans l'Essonne", département dont elle est députée sortante.

Comment va Nathalie Kosciusko-Morizet ?

NKM "restera en observation" à l'hôpital la nuit prochaine, a annoncé sa directrice de campagne, Olivia Laurentjoye, devant l'hôpital Cochin. Elle n'a pas donné plus de détails sur la situation médicale de l'ancienne ministre. La collaboratrice de NKM a précisé que l'équipe de la candidate allait "poursuivre" la campagne. Les rendez-vous prévus jusqu'à la fin de la campagne officielle, vendredi soir, seront assurés par sa suppléante, Dominique Stoppa-Lyonnet.

Une trentaine d'élus parisiens des Républicains ont appelé à un rassemblement, vendredi 16 juin, à 18 heures, place Maubert, dans le 5e arrondissement, où a eu lieu l'agression, pour "refuser la violence et défendre la démocratie"NKM s'est dite "très touchée par les marques d'affection" et par "l'initiative des Parisiens et élus de se rendre demain" au rassemblement, a rapporté sa directrice de campagne.

Qu'est-il advenu du suspect ?

Après cette altercation, l'homme est parti en courant vers la bouche de métro la plus proche. Un bénévole de l'équipe de NKM, Jean-Baptiste Goulard, a tenté de poursuivre dans le métro l'homme, qui est sorti à la station suivante, Cluny-La Sorbonne, sur la ligne 10. Il a expliqué à l'AFP avoir alors reçu des coups de sa part. L'homme a, là encore, pris la fuite.

Son signalement a été donné à la police. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires", confiée au 3e district de police judiciaire de Paris. Aucun suspect n'a encore été interpellé. La directrice de campagne de la candidate a par ailleurs porté plainte.

Comment a réagi la classe politique ?

L'adversaire au second tour de Nathalie Kosciusko-Morizet dans la deuxième circonscription de Paris, le candidat de La République en marche, Gilles Le Gendre, lui a apporté son soutien sur Twitter. Il a condamné "cet acte qui est absolument inadmissible" et suspendu sa campagne. Il lui a également envoyé un message pour lui "manifester sa sympathie et lui dire espérer qu'elle se rétablira très vite".

Le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est rendu à l'hôpital Cochin à la mi-journée pour rendre visite à Nathalie Kosciusko-Morizet. A la sortie, le chef du gouvernement, ancien élu des Républicains, a dit à la presse l'avoir trouvée "secouée".

De nombreuses personnalités politiques, à droite comme à gauche, ont également condamné cette agression.