Les principales déclarations de la conférence de presse de François Hollande

Le président de la République s'est adressé aux journalistes pendant près de deux heures et demie ce mardi lors de sa première conférence. Il a d'abord fait un discours d'une demi-heure et a ensuite répondu aux questions des journalistes. Il s'est attardé sur la situation économique "grave" selon ses mots.

(Philippe Wojazer Reuters)
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Radio France

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Environ 400 journalistes étaient
présents ce mardi à la conférence de presse de François Hollande, la première
depuis le début de son mandat. Pendant les trente premières minutes, le chef de
l'Etat a défendu sa politique et celle de son gouvernement. Les journalistes
ont ensuite posé des questions pendant près de deux heures. Voici les
principaux thèmes abordés.

Situation économique et
sociale

Désendettement . A raison de
10 milliards d'euros d'économie par an. "On peut faire mieux en dépensant
moins
", a martelé François Hollande qui maintient au passage son objectif
de 3% du déficit l'an prochain et 0,8% de croissance.Compétitivité . Le pacte de compétitivité, "ce n'est pas un
cadeau, comme je l'entends, que l'Etat fait. C'est un levier qui offre au
système productif, c'est-à-dire aux salariés, aux ouvriers, aux travailleurs,
ceux qui font tous les jours la production de notre pays, un moyen de traverser
la crise
", a déclaré le chef de l'Etat.

Chômage . Pour François
Hollande, "tout
a été dit mais tout n'a pas été tenté
". Il assure que le chômage sera "la
priorité du quinquennat
", sa "responsabilité ". Le président
confie que la hausse va continuer pendant un an.TVA .
François Hollande a annoncé que la TVA dans la restauration sera fixée à 10% "une
fois pour toute
". Le
taux normal de TVA qui est à 19,6% va passer à 20% en 2014. Le président nomme cela "une
restructuration des taux de TVA
". 

Sécurisation de l'emploi .
François Hollande a appelé au rassemblement entre partenaires sociaux et
employeurs. Ils doivent parvenir à une réforme du marché du travail, censée
permettre plus de flexibilité. La négociation entre patronats et syndicats sur
le sujet doit reprendre jeudi. "J'appelle toutes les organisations
syndicales (...) et les employeurs (...) à nouer cette négociation, à la
conclure, et à faire ce compromis historique, sinon le gouvernement prendra là encore
la décision
". SON

Gaz de schiste . Le
président de la République a confirmé qu'il n'autoriserait pas l'exploitation
de cette ressource via la technique de la fracturation hydraulique (une
technique interdite en France). La recherche d'autres moyens n'est cependant
pas exclue. "Aujourd'hui, la facturation hydraulique serait une atteinte considérable
à l'environnement que je refuse et que je refuserai
". Questions de société

Vote des étrangers . François
Hollande a rejeté pour le moment l'idée d'un référendum sur le vote des
étrangers aux élections locales. Il n'engagera cette réforme que s'il est
assuré d'avoir une majorité suffisante au Parlement. "Ce n'est pas le président
de la République qui décide du droit de vote. Aujourd'hui, cette majorité n'est
pas constituée, et donc j'ai dit au gouvernement qu'il travaille pour
constituer cette majorité
".

Mariage homosexuel . Le
chef de l'Etat a assuré que le texte sur le mariage pour tous serait examiné en
janvier à l'Assemblée. "Il y a des moments où dans la vie d'une Nation
(...) nous devons faire des choix, traduire des évolutions de société, ça paraît
périlleux et puis, à un moment, c'est accepté par tous
".

Un
point sur l'international

La Syrie . Pour la
première fois, François Hollande a évoqué la livraison d'armes à l'opposition.
Le président a tout d'abord annoncé que Paris reconnaissait "la coalition
nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme
le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d'en
terminer avec le régime de Bachar al-Assad
". Par
conséquent, la question de la livraison d'armes à l'opposition syrienne,
refusée jusqu'à présent par les pays occidentaux, "va être nécessairement
reposée
", a-t-il déclaré.Le Mali . Le président de
la République est revenu sur le sort des otages français détenus au Mali. Il
avait reçu leurs familles mi octobre
. Il a répété que la France
n'interviendrait en "aucun cas elle-même. Si nous sommes aux côtés des
Africains, ce sont eux et eux seuls qui décident. Si il y a un risque de
diffusion dans les autres pays, nous ferons en sorte de les soutenir pour les
protéger
".

François Hollande et le
gouvernement

Alternance et réalité . Le
président de la République est revenu sur sa popularité en baisse. Il l'attribue
à la crise. Mais il dit préférer lutter sur le front de la réalité plutôt que
sur celui de la communication. "Une alternance change le pouvoir mais
elle ne change pas la réalité
".Jean-Marc Ayrault . Lui aussi
est en baisse de popularité. Le président de la République s'est montré
solidaire et a rappelé qu'il était à ses côtés pour plusieurs raisons : "Il est d'abord
sérieux. C'est important. Il est loyal. C'est nécessaire. Il est dévoué à la
cause publique, et il est concret. Je lui renouvelle ici toute ma
confiance
".Manuel Valls . François
Hollande est revenu sur l'incident survenu à l'Assemblée nationale plus tôt
dans l'après-midi
. Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur avait accusé la droite d'être
responsable du "retour du terrorisme" , ce qui a suscité la colère
de l'opposition. La séance a été interrompue. Mais pour le chef de l'Etat, la
question est trop grave pour justifier de telles querelles. "Ne perdons pas notre temps, ne nous divisons pas, ne polémiquons pas, ne
cherchons pas à utiliser n'importe quelle phrase à des fins de politique
intérieure. C'est trop grave (...) La lutte contre le terrorisme, c'est une
question qui doit rassembler toutes les forces politiques, démocratiques (...) le
ministre de l'Intérieur fait remarquablement son travail, chacun le reconnaît,
y compris par rapport à la lutte contre terrorisme
".