Le prince héritier d'Arabie saoudite a reçu la Légion d'honneur "à sa demande", selon "Causette"

Le magazine publie un échange de mails diplomatiques entre l'ambassadeur de France en Arabie saoudite et le conseiller pour le Moyen-Orient de François Hollande.

François Hollande et le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef (G), à l'Elysée, à Paris, le 4 mars 2016.
François Hollande et le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef (G), à l'Elysée, à Paris, le 4 mars 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

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Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, également ministre de l'Intérieur, a été décoré de la Légion d'honneur le 4 mars par le président François Hollande. La remise de cette distinction n'en finit pas de faire réagir car, depuis le début de l'année, le régime saoudien a procédé à 70 exécutions.

Le magazine Causette affirme, jeudi 10 mars, que le prince héritier d'Arabie saoudite a reçu la Légion d'honneur "à sa demande". Or, l'entourage de François Hollande avait assuré, dimanche, que  Mohammed ben Nayef avait reçu cette décoration "au titre de personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante".

"Il me paraît indispensable de répondre à sa demande"

Pour affirmer cela, Causette met en ligne un échange de mails diplomatiques entre Bertrand Besancenot, l'ambassadeur de France en Arabie saoudite, et David Cvach, le conseiller pour le Moyen-Orient de François Hollande. Le premier mail est envoyé le 2 mars par le premier au second.

"Cher David, je me permets de t’envoyer la copie jointe de la proposition de décoration pour le prince Mohamed ben Nayef", commence Bertrand Besancenot. Un message qui se termine par : "C'est aussi un geste envers le prochain Roi d’Arabie Saoudite. C’est dans ce contexte qu’il me parait indispensable de répondre à sa demande de recevoir la Légion d’Honneur, à un moment où il souhaite renforcer sa stature internationale." (sic)

Réponse de David Cvach : "Aucune raison de ne pas le faire : il faut que ce soit discret vis a vis des medias mais sans dissimulation, si nous ne le faisons pasce sera vu comme un camouflet et si on nous interroge on repondra lutte contre daech et partenariat economique et strategique." (sic) L'échange se termine par la consultation de François Hollande sur le sujet, puis son approbation.