Le général Desportes et la Libye: "On a confondu guerre et maintien de l'ordre"

Interrogé dans le Journal du Dimanche, le général de division Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole de Guerre, sanctionné il y a un an pour avoir critiqué la guerre en Afghanistan, dénonce de la même façon l'intervention en Libye. Il explique que "la réflexion stratégique initiale a été imparfaite", qu'il n'y a pas d'issue militaire et qu'il faut négocier avec Kadhafi. Le parlement doit se prononcer mardi sur la poursuite de la participation française à l'opération militaire de l'Otan en Libye.

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Dans cette interview , le général Desportes juge avec beaucoup de sévérité l'intervention française. Il estime que la France a surestimé la rébellion et sous-estimé les forces de Kadhafi: “Il n'est pas impossible que l'ont ait confondu guerre et maintien de l'ordre. La puissance militaire a été utilisée comme une compagnie de gendarmes mobiles...”
Les leçons de l'histoire n'auraient pas été tirées: “Nous sommes partis en Libye comme les Américains en Irak en 2003 en
estimant que notre puissance létale suffirait aisément à produire des résultats politiques.”

Il enfonce le clou: “Il semble subsister en France, parfois à très haut niveau,
une méconnaissance de ce que sont vraiment la guerre et la stratégie”.

Et il insiste encore : “Pour l'emporter rapidement, sauf coup de chance (le coup au but sur Kadhafi), il faudrait une offensive terrestre forte de plusieurs dizaines de
milliers d'hommes, ce qui est strictement impossible...”

La conclusion du général Desportes est donc sans appel: “Nous ne pouvons plus attendre indéfiniment que le régime de Kadhafi tombe... Il est temps de trouver un compromis politique