Avant le 6 mai, le 1er ! Le jour de la fête du Travail, date à laquelle les syndicats organisent traditionnellement des défilés dans toute la France, promet d'être plus politique que jamais avant le second tour de l'élection présidentielle. Outre les organisations de travailleurs, l'UMP compte en effet organiser son propre rassemblement, tout comme le FN. FTVi fait le point sur les forces en présence.

Le Front de gauche aux côtés des syndicats

Cinq organisations syndicales organisent ce jour-là des défilés unitaires. La CFDT, la CGT, FSU, Solidaires et l'Unsa ont affirmé dans un communiqué commun leur volonté de faire de ce 1er mai "une forte journée de mobilisation et de manifestations" destinée à "faire entendre les priorités sociales et les préoccupations des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des retraités, en France et en Europe". Comme à son habitude, Force ouvrière organise son propre défilé.

Dans leurs rangs, ils pourront à coup sûr compter sur la présence de militants du Front de gauche. Dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon a appelé ses partisans à défiler aux côtés des "syndicats et de la classe ouvrière", avant de leur demander de "battre Sarkozy".

 

Sur son site, la CGT met en ligne une carte des défilés organisés partout en France. Le cortège parisien partira à 15 heures de la place Denfert-Rochereau pour rejoindre la place de la Bastille... où Jean-Luc Mélenchon avait organisé son plus grand meeting de campagne.

• La droite veut un "très grand rassemblement" autour du "vrai travail"

"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du Travail, mais la fête du vrai travail", a lancé Nicolas Sarkozy lundi 23 avril devant son QG de campagne. Le candidat UMP souhaite rassembler "ceux qui travaillent dur, ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille".

(Francetv info)

Une critique à peine voilée à l'endroit des syndicats, critiqués depuis le début de sa campagne parmi les autres "corps intermédiaires". Le président candidat leur reproche régulièrement de s'immiscer dans la politique et de "confisquer la parole des Français". Selon BFMTV, ce rassemblement aura lieu au Trocadéro, à Paris.

• Le FN veut aussi une démonstration de force

Le 1er mai est également une date importante pour le Front national, qui organise chaque année sa "fête de Jeanne d'Arc", à Paris. Mais celui-ci sera sans doute davantage scruté par les autres formations politiques qu'à l'accoutumée, en raison du score inédit de Marine Le Pen au premier tour. 

L'ex-candidate frontiste devrait en effet profiter de cette occasion pour préciser ses intentions en vue du second tour. Sauf surprise, elle ne devrait pas appeler à voter pour l'un ou l'autre des candidats. Le directeur stratégique de sa campagne, Florian Philippot, a ainsi indiqué dimanche sur BFMTV qu'il s'apprêtait à "peut-être voter blanc, ou revoter Marine Le Pen".

(CANAL + / FTVi)

Selon son entourage, la manifestation aura lieu à 11 heures, place de l'Opéra, à Paris.

• Le PS ne sait pas encore comment il participera au 1er mai

Enfin, Le Monde indiquait vendredi 20 avril que l'entourage de François Hollande envisageait également d'organiser un grand rassemblement parisien. L'équipe de campagne semblait alors favorable à un meeting en plein air dans l'ouest de la capitale.

Mais depuis les résultats du premier tour, aucun responsable socialiste n'a officialisé cet appel. En déplacement à Quimper (Finistère) lundi, le candidat socialiste a annoncé qu'il n'entendait pas faire du 1er mai "une fête des uns contre les autres", dénonçant en creux l'annonce de Nicolas Sarkozy de faire de ce jour férié et chômé un "très grand rassemblement" autour du "vrai travail".

De son côté, Pierre Moscovici, directeur de la campagne de François Hollande, a indiqué que le PS n'avait pas encore arrêté la forme de sa participation au 1er mai, mais a assuré que les socialistes seraient "aux côtés des forces du travail", lors d'un point de presse rue de Solférino.