VIDEOS. Silence, applaudissements, vote raté... Trois maladresses des nouveaux députés de La République en marche

Que ce soit pour l'examen du projet de loi d'habilitation à réformer par ordonnances le Code du travail ou lors du vote de la prolongation de l'état d'urgence, les élus néophytes ont parfois du mal à trouver leurs marques. 

L\'hémicycle de l\'Assemblée nationale, le 5 juillet 2017. 
L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 5 juillet 2017.  (MAXPPP)
avatar
Vincent DanielFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Après la conquête de l'Elysée et de l'Assemblée nationale, La République en marche s'installe au pouvoir, parfois avec difficulté. Silence en commission, applaudissements intempestifs ou encore vote raté... L'inexpérience de certains députés de la majorité a entraîné des premiers pas hésitants, voire inquiétants pour certains observateurs politiques. 

Des députés LREM qui restent silencieux en commission

Sans surprise, la commission des Affaires sociales a adopté, jeudi 6 juillet, le projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour réformer le Code du travail. En revanche, le silence des députés LREM, exception faite de la présidente de la commission, a surpris. Mercredi soir, un député de La France insoumise a fait remarquer que le taux d'acceptation des amendements était de "0%".  La présidente de la commission, Brigitte Bourguignon, lui répond en riant : "Evidemment... Vous l'imaginez."

Ce silence des élus de la majorité interpelle les députés sortants. "Ce sont des gens qui n'ont pas compris le travail parlementaire, assène auprès de franceinfo Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales entre 2012 et 2017. Elle évoque une ambiance "lunaire". "Je pense que le gouvernement devrait former ces députés. Ils ne comprennent pas la complexité du débat parlementaire", explique l'ancien ministre de la Justice Pierre Méhaignerie, président de cette même commission entre 2007 et 2012.

Des députés LREM qui applaudissent à tort et à travers

Après avoir applaudi 55 fois lors du discours de politique générale du Premier ministre, les députés de la majorité se montrent toujours très zélés en la matière. Jeudi 6 juillet, en plein débat sur la prolongation de l'état de l'urgence, les applaudissements ont même surpris le principal intéressé. Le député LREM Jean-Michel Fauvergue s'est ainsi étonné des applaudissements de ses propres collègues, alors qu'il n'avait "encore rien dit". 

Jugés trop discrets lors du discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès, ils ont été encouragés par Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, à être moins timides et à ne pas hésiter à "s'exprimer" pendant le discours de politique générale du Premier ministre, rapporte LCI. Une consigne respectée de façon parfois mécanique, à tel point que les députés LREM ont applaudi lorsqu'Edouard Philippe a déploré le taux d'échec élevé des étudiants en licence. 

Des députés LREM qui ratent le vote sur l'état d'urgence

Jeudi 6 juillet toujours, le vote sur la prolongation de l'état d'urgence a été l'occasion d'un nouveau couac. Près de dix minutes avant le scrutin, le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a annoncé l'imminence du vote sur l'ensemble du texte. Mais au moment de voter, tout va trop vite pour certains députés qui sont pris de cours et n'ont pas le temps de voter. Ils protestent ostensiblement. La scène a été repérée par Le Lab

"Vous n'avez pas eu le temps d'appuyer sur le bouton ?", s'amuse le président de l'Assemblée. Pour les rassurer, François de Rugy leur explique alors la démarche : "Si un député ou une députée a un doute sur le sujet, il peut venir se signaler auprès des services de l'Assemblée nationale et demander si son vote a bien été pris en compte. Et si cela n'a pas été le cas, à ce qu'il le soit. C'est toujours ainsi lorsqu'il y a un vote à scrutin public, y compris quand on pense avoir fait une erreur, et il suffit de comparer avec la fiche de vote qui va bientôt être diffusée." Ces élus peuvent se rassurer : l'analyse du scrutin (document PDF) montre que même Jean-Luc Mélenchon s'est fait avoir.