Epinglée par "Marianne", une députée LREM va cesser d'organiser des visites payantes à l'Assemblée nationale

Pascale Fontenel-Personne, député LREM de la Sarthe, proposait des excursions à l'Assemblée nationale pour 119 euros via son entreprise de voyages touristiques, révélait jeudi l'hebdomadaire. 

La députée LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne, le 19 juin 2017 à l\'Assemblée nationale.
La députée LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne, le 19 juin 2017 à l'Assemblée nationale. (THOMAS SAMSON / AFP)
avatar
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

"Je n'ai rien à me reprocher". Dans un communiqué publié jeudi 7 septembre au soir, la députée LREM de la Sarthe, Pascale Fontenel-Personne contre-attaque. Epinglée par l'hebdomaire Marianne pour l'organisation, via son entreprise de voyages touristiques Access Tour Le Mans, d'excursions à l'Assemblée nationale pour le prix de 119 euros en sa présence, la parlementaire se défend. "Le tarif comprend le trajet entre Le Mans et Paris, le repas ainsi que les déplacements divers. Il n'a jamais été question de faire payer l'entrée à l'Assemblée nationale", dit-elle. 

Deux visites étaient prévues d'ici la fin de l'année, le 12 octobre et le 4 décembre, expliquait Marianne. Le programme prévoyait une "arrivée pour le déjeuner sur Paris" et une "visite guidée du palais Bourbon", le tout "en présence de notre Députée!" S'il est très courant que des députés fassent visiter l'Assemblée nationale, il est strictement interdit de facturer ces visites. L'article premier du code de déontologie de l'Assemblée précise que les parlementaires "s'abstiennent d'utiliser les locaux ou les moyens de l'Assemblée nationale pour promouvoir des intérêts privés". 

La brochure du site de voyages touristiques, Access Tour Le Mans.
La brochure du site de voyages touristiques, Access Tour Le Mans. (Access Tour Le Mans)

L'entreprise cessera toute activité avec le Parlement

Dans son communiqué, la députée précise qu'elle avait "déjà enclenché la procédure de cession de ses (mes) parts au sein de l'entreprise". Elle a également demandé que son entreprise "cesse toute activité en lien avec le Parlement afin qu'aucune confusion ne soit possible". 

Le ton était pourtant tout autre dans sa réponse à Marianne"Mon entreprise ne va pas s'arrêter de fonctionner parce que je suis députée !", s'insurgeait-elle. L'élue faisait enfin valoir ceci : "A ce jour, aucune visite n'a été organisée depuis mon élection, et rien n'indique dans le programme que je serai la députée qui accueillera le groupe". Elle a visiblement changé d'avis depuis. 

Sur Twitter, le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a annoncé vendredi qu'il saisissait le déontologue du Palais Bourbon.