Geoffroy Didier (à g.) et Guillaume Peltier (à d.) le 6 octobre 2012, lors du lancement de leur motion "La Droite forte" au siège de l'UMP, à Paris.
Geoffroy Didier (à g.) et Guillaume Peltier (à d.) le 6 octobre 2012, lors du lancement de leur motion "La Droite forte" au siège de l'UMP, à Paris. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

POLITIQUE - Après la présidence de l'UMP, les mouvements. La Droite forte, mouvement lancé par plusieurs jeunes sarkozystes qui soutenaient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP, est arrivée largement en tête (28%) du vote, dimanche 18 novembre, des adhérents du parti sur la reconnaissance inédite des courants. Selon les chiffres officiels de la commission interne (Cocoe), qui a validé mardi soir le résultat de ce scrutin, la Droite forte a recueilli 28% des voix, devant la Droite sociale du filloniste Laurent Wauquiez (21,7%) et les Humanistes de Jean-Pierre Raffarin (18%).

La Droite forte, c'est quoi ?

C'est l'un des six "mouvements" de l'UMP qui présentaient une motion aux suffrages des adhérents du parti. Sa victoire "est un séisme militant et la preuve d'un attachement au sarkozysme", a déclaré Geoffroy Didier, l'un des trois chefs de file de la Droite forte avec Guillaume Peltier (passé un temps au FN) et Camille Bedin, eux aussi sarkozystes et pro-Copé. La Droite forte, clin d'œil à "La France forte", le slogan de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, avait mené une campagne très active avec des propositions chocs : interdiction du droit de grève pour les enseignants, faire du 1er-Mai "une grande fête de la droite" au Trocadéro, création d'une "Charte républicaine des musulmans de France"…

Parrainés par Brice Hortefeux et soutenus par Jean Sarkozy, le fils cadet de l'ex-président, ces trentenaires "fiers d'être français, fiers d'être de droite et fiers d'être sarkozystes" ont été accusés par leurs concurrents de vouloir capter l'héritage sarkozyste (ils ont essayé, en vain, de s'adjoindre l'appellation "Génération Sarkozy") et de s'engager dans "une fuite en avant populiste".

Les mouvements, c'est quoi ?

La reconnaissance des "mouvements", autre grand enjeu de l'élection de dimanche, constitue une première à l'UMP, alors que les courants existent depuis longtemps au PS. Les adhérents étaient invités à concrétiser leur existence. Il fallait dépasser la barre des 10% pour être reconnu officiellement, avec à la clé des moyens financiers et des postes dans les instances dirigeantes du parti.

Jean-François Copé, qui a été à l'origine de cette reconnaissance, y voit le meilleur moyen d'empêcher les diverses sensibilités de quitter l'UMP pour rejoindre l'UDI de Jean-Louis Borloo, par exemple. A l'inverse, François Fillon était très réservé sur cette évolution, mettant en garde contre "une balkanisation" de l'UMP.