Jean-Marie Le Pen suggère "une fournée" d'artistes critiques du Front national

Dans une vidéo publiée vendredi, le président d'honneur du Front national s'en prend à Guy Bedos, Madonna, Yannick Noah et Patrick Bruel. "Une mauvaise phrase de plus", déplore le vice-président du parti Louis Aliot.

Capture d'écran d'une vidéo de Jean-Marie Le Pen, publiée le 7 juin 2014 sur le site du Front national.
Capture d'écran d'une vidéo de Jean-Marie Le Pen, publiée le 7 juin 2014 sur le site du Front national. (FRONT NATIONAL / FRANCETV INFO)

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Jean-Marie Le Pen n'apprécie guère les critiques des artistes opposés au Front national. Evoquant les chanteurs Yannick Noah et Patrick Bruel, le fondateur du FN a proposé, rigolard, d'en faire "une fournée", dans son "Journal de bord" hebdomadaire, publié vendredi 6 juin sur le site du parti, retiré depuis.

Une allusion à un "four", selon Le Lab, qui a repéré l'extrait. Le site politique d'Europe 1 reprend la définition de "fournée" dans le dictionnaire Larousse pour appuyer son propos : "Ensemble de pièces, d'objets mis ensemble à cuire ou à traiter dans un four."

Des artistes hostiles aux idées du FN

Après les récents succès électoraux du Front national, les deux artistes ciblés par Jean-Marie Le Pen avaient affiché leur hostilité à l'égard du parti. Dans une interview à Technikart, Patrick Bruel avait expliqué ne plus vouloir chanter dans une municipalité dirigée par le FN : "Je ne veux pas me produire devant une institution dont je méprise l'idéologie." Yannick Noah avait lui exprimé sur BFMTV sa "tristesse" et sa "honte" après la percée du parti aux Européennes.

Dans son "Journal de bord", Jean-Marie Le Pen s'en prend aussi à Guy Bedos et Madonna, qu'il veut "pacser" pour former "un couple de pauvres cons", après que "Monsieur Bedoche a comparé Marine Le Pen à Hitler et Maldonna l'a accusée d'être fasciste". Selon lui, ces deux "vedettes vieillissantes" tentent "de se rappeler au bon souvenir des médias par une technique bien connue : apparaître comme des ennemis du fascisme et du nazisme".

Une petite phrase qui divise au FN

Cette nouvelle sortie de Jean-Marie Le Pen, habitué des scandales, n'est pas du goût de tous au Front national. Interrogé par Le Parisien, le vice-président du parti, Louis Aliot, dénonce "une mauvaise phrase de plus", "stupide politiquement et consternant". Le président d'honneur du FN est cependant défendu par Wallerand de Saint-Just : l'ancien candidat du parti à la mairie de Paris déplore "une polémique artificielle" et assure que Jean-Marie Le Pen a employé le mot de fournée "de façon anodine".