IVG : la suppression du délai de réflexion adoptée à l'Assemblée

Actuellement, la loi prévoit deux consultations médicales obligatoires avant l'avortement, avec un délai de réflexion d'une semaine entre les deux.

Au planning familial de Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 avril 2011. 
Au planning familial de Strasbourg (Bas-Rhin), le 11 avril 2011.  ( MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les débats ont été houleux. Mais l'Assemblée nationale a voté, mercredi 8 avril en première lecture, une mesure du projet de loi sur la santé supprimant le délai de réflexion de sept jours imposé aux femmes souhaitant une interruption volontaire de grossesse (IVG). Actuellement, la loi votée en 1975 à l'initiative de Simone Veil prévoit deux consultations médicales obligatoires avant l'IVG, avec un délai de réflexion d'une semaine entre les deux. Délai qui peut cependant être réduit à 48 heures en cas d'urgence, c'est-à-dire lorsque le délai légal de douze semaines de grossesse approche.

Le délai de réflexion ne sert qu'à culpabiliser les femmes, ont souligné de nombreux députés de la majorité, et "il est souvent vécu dans une grande solitude", a relevé la rapporteure du projet de loi, Bernadette Laclais (PS). "Croyez-vous vraiment que lorsqu'une femme prend la décision d'aller voir un médecin pour demander d'avorter, elle n'ait pas déjà réfléchi ?" a résumé l'écologiste Brigitte Alain. 

Tous les députés de l'opposition présents opposés à cette mesure

Tous les députés de l'opposition présents - exclusivement des hommes, à l'exception d'Isabelle Le Callennec (UMP) - se sont élevés contre cette disposition, la plupart pour des raisons de fond, quelques-uns pour des raisons de forme, à l'instar d'Arnaud Robinet (UMP), "ouvert sur le sujet", mais critiquant le fait que la question ait été réglée par un amendement en commission. "Vous êtes en train de détruire par idéologie l'équilibre de la loi de 1975 entre la protection de la vie à naître et la liberté des femmes", a lancé à la majorité Xavier Breton (UMP), avant de protester contre "l'exclusion complète de l'homme qui est partagée par certaines et certains".

"Quand vous achetez une voiture, vous avez quelques jours de réflexion. Ne considérez-vous pas que, quand il y a une IVG, il n'y a pas la nécessité de prendre le temps de la réflexion ?" a demandé François de Mazières (apparenté UMP). "Cessez de considérer les femmes comme des voitures !" lui a rétorqué la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Ces dispositions ne pourront entrer en application qu'à l'issue de la navette parlementaire sur le projet de loi, dont l'examen se poursuit jeudi, et qui sera soumis au vote global de l'Assemblée mardi prochain avant de partir au Sénat.