Remaniement : qui pourrait faire son entrée au gouvernement ? Qui va le quitter ?

Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon ne participeront pas au nouveau gouvernement de Manuel Valls. Dans l'ombre, certaines personnalités attendent de les remplacer.

Le Premier ministre, Manuel Valls, à la sortie de l'Elysée, le 24 juillet 2014.
Le Premier ministre, Manuel Valls, à la sortie de l'Elysée, le 24 juillet 2014. (ETIENNE LAURENT / MAXPPP)
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Quelles seront les victimes collatérales de la disgrâce d'Arnaud Montebourg ? Après les déclarations de l'ex-ministre de l'Economie, ce week-end, remettant en cause la politique économique du gouvernement, Manuel Valls a présenté la démission de celui-ci, lundi 25 août.

La nouvelle équipe devrait être annoncée mardi soir et tous les (anciens) ministres ont été reçus par Manuel Valls dans l'après-midi. Si le sort de Montebourg – comme ceux d'Aurélie Filippetti et Benoît Hamon – est d'ores et déjà réglé, certains de ses collègues sont aussi en position délicate. Pour d'autres personnalités politiques, ce remaniement pourrait être une occasion inespérée d'obtenir un portefeuille.

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Ceux qui vont quitter le gouvernement

Arnaud Montebourg. Dans la famille des partants, je demande le père. Dans l'après-midi, l'ancien ministre a annoncé son départ de l'équipe gouvernementale lors d'une conférence de presse. "Je crois nécessaire de reprendre ma liberté", a-t-il lancé depuis Bercy. Manuel Valls a accepté "de me la rendre", a dit l'ancien ministre de l'Economie. L'ex-membre du gouvernement a justifié ses critiques envers la politique économique de l'exécutif : "Nous avons une responsabilité collective d'interrompre le coulage de l'économie par l"austérité."

Benoît Hamon. "Je ne participerai pas au nouveau gouvernement" de Manuel Valls, a annoncé le ministre de l'Education sortant au journal télévisé 20 heures sur France 2. "J'ai décidé de partir, je m'en suis livré très librement" au président et au Premier ministre, a-t-il affirmé. "Il aurait été incohérent, alors que j'ai exprimé un désaccord, que je reste au gouvernement", a-t-il ajouté.

Aurélie Filippetti. Dans une lettre ouverte adressée à François Hollande et Manuel Valls, Aurélie Filippetti a annoncé qu'elle ne serait "pas candidate à un nouveau poste ministériel". "Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas (...) candidate à un nouveau poste ministériel", a écrit la députée de Moselle dans sa lettre, que Le Monde s'est procurée. 

Ceux qui étaient menacés mais devraient rester

Christiane Taubira. La ministre de la Justice fera partie du gouvernement Valls II, affirme son entourage, cité par le Monde mardi 26 août. L'éventualité d'un départ de Christiane Taubira, connue pour être un soutien de la ligne d'Arnaud Montebourg, a été évoquée à plusieurs reprises lundi. Mais le chef de l'Etat aurait souhaité que la garde des sceaux, un des ses ministres les plus populaires, conserve son poste, rapporte le Monde. Lundi dans l'après-midi, Taubira a quitté Matignon à vélo et souriante après son entrevue avec le Premier ministre.

Ceux qui pourraient entrer au gouvernement

Jean-Jacques Urvoas. Le nom du député du Finistère a été cité plusieurs fois. Grand fidèle du président de la République, il avait été pressenti pendant un temps au poste de ministre de l'Intérieur, en avril dernier. Il pourrait remplacer Bernard Cazeneuve, si celui-ci change de portefeuille

Sur le bateau en direction de l'île de Sein, où François Hollande a donné un discours lundi, l'élu breton n'a pas souhaité commenter ouvertement la décision. "Je ne dis rien, mais je comprends, assure-t-il ainsi au Télégramme. L'autorité est une vertu cardinale en politique." Sur son avenir proche, le député "reste très prudent" se contentant de glisser : "Je suis un garçon discipliné, contrairement à d'autres."

Jean-Christophe Cambadélis, Claude Bartelone, Gérard Collomb ou un autre ponte du PS. Dans un contexte aussi fragile, le Premier ministre pourrait décider de s'appuyer sur des personnalités du Parti socialiste pour bâtir un nouveau gouvernement. Le nom de Bertrand Delanoë ressort lui aussi.

Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, compte parmi les soutiens indéfectibles de Manuel Valls. Invité de toutes les télévisions, lundi 25 août, il n'a pas manqué de fustiger les prises de positions d'Arnaud Montebourg et autres ministres démissionnaires. "Prêt à aider le gouvernement", le maire de Lyon précise qu’il ne "ferme pas la porte" et aime rappeler que le gouvernement s’est récemment inspiré de ce qu’il a initié en région lyonnaise. 

Claude Bartolone a été reçu à Matignon. Sur son blog, le président de l'Assemblée nationale a réagi à la démission du gouvernement, soulignant la "responsabilité colossale" de la majorité. "L'enjeu n'est plus aujourd'hui de définir une ligne politique, mais d'aider le président de la République à obtenir gain de cause en Europe pour défendre des politiques de croissance", a ajouté l'élu de Seine-Saint-Denis. Faut-il y voir un signe ?

François de Rugy ou un autre député écologiste. Manuel Valls cherche à réincorporer au moins un écologiste dans son gouvernement. Après une réunion extraordinaire du bureau exécutif du parti, EEVL a communiqué sur sa position officielle. La secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, a déclaré lundi que "les conditions (d'une participation au gouvernement) n'était pas réunies en avril, elles le sont encore moins aujourd'hui". Reste à savoir si les ministrables verts – François de Rugy, Denis Baupin ou Barbara Pompili – obéiront à la consigne.

Jean-Luc Bennahmias ou Corinne Lepage. Autre option envisagée par Manuel Valls: ouvrir le gouvernement au centre. Si François Borloo et François Bayrou semblent impossibles à convaincre, d'autres noms circulent depuis lundi. 

Cette ouverture pourrait concerner l'ex-eurodéputé écologiste Jean-Luc Bennahmias, qui a lancé son parti de centre-gauche, le Front démocrate, en juillet. L'écologiste indépendante et transfuge du Modem Corinne Lepage a déjà fait un appel du pied au Premier ministre : elle s'est exprimée lundi en faveur d'une ouverture au centre.