Cinq questions pour comprendre l'affaire des "assistants fantômes" du FN au Parlement européen

Le siège du Front national a été de nouveau perquisitionné, mercredi 17 février. 

Marine Le Pen, présidente du FN, au parlement européen à Strasbourg, le 3 février 2016.
Marine Le Pen, présidente du FN, au parlement européen à Strasbourg, le 3 février 2016. (PATRICK HERTZOG / AFP)
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Une perquisition était en cours mercredi 17 février au siège du Front national dans l'enquête sur les assistants des élus FN au Parlement européen. La veille déjà, les enquêteurs avaient fouillé le domicile de Jean-Marie Le Pen

De quoi sont-ils soupçonnés ? Quels sont les indices à la disposition des enquêteurs ? Francetv info revient sur ce que l'on sait de cette affaire en cinq questions.

1De quoi sont-ils soupçonnés ? 

Les soupçons portent sur les salaires versés à 20 assistants d'élus frontistes au parlement de Strasbourg, dont les noms figuraient aussi dans l'organigramme du FN au démarrage de l'enquête, ordonnée par le parquet de Paris en mars 2015.

Ces doubles étiquettes laissent supposer aux enquêteurs qu'ils sont affectés à d'autres tâches que le seul Parlement, tout en étant rémunérés par cette instance.

2Comment est née cette affaire ?

Ce sont les services financiers du président du Parlement européen qui ont tiré la sonnette d'alarme, en la personne de l'Allemand Martin Schulz en mars 2015. La présidence du Parlement européen avait saisi l'organisme antifraude de l'Union européenne, l'Olaf, et transmis le dossier à la justice française. Le Parlement avait rappelé que ces salaires "ne peuvent (...) financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques".

3Quels sont les éléments à la disposition des enquêteurs ?

L'organigramme du Front national a été épluché par les services du Parlement européen. L'analyse révèle, selon eux, que la description contractuelle du poste de ces assistants avec leur député diffère totalement de la nature des fonctions détaillées dans le document.  En outre, toujours selon cet organigramme, certains assistants ne travaillent pas pour le député auquel ils sont liés par un contrat de travail.

4A combien s'élèverait le préjudice ?

Il représenterait 7,5 millions d'euros pour l'ensemble de la législature, a indiqué une source parlementaire, confirmant les chiffres avancés par Le MondeSi les faits étaient avérés, la justice pourrait considérer qu'il s'agit d'un financement illégal de parti politique.

5Comment a réagi le FN ?

Dans un communiqué diffusé mercredi 17 février, le Front national dénonce "la pitoyable affaire dite des assistants parlementaires, lancée à la veille des élections départementales par le socialiste allemand Martin Schulz  en 2015" et juge qu'elle n'a pas de "bases légales".

Le parti frontiste a dénoncé "une opération politique directement pilotée par François Hollande et Manuel Valls, dans le but d'entraver, de surveiller et d'intimider l'opposition patriote". Le FN balaie les accusations de double étiquette de ses assistants en expliquant que "dans tous les partis, des assistants parlementaires ont des responsabilités politiques".