Assistants parlementaires : qui sont les 19 députés européens concernés par l'enquête ?

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance", le 22 mars, à la suite d'une lettre d'une eurodéputée FN dénonçant des emplois fictifs parmi les collaborateurs de 19 eurodéputés français. 

Le Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin), le 25 novembre 2015..
Le Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin), le 25 novembre 2015.. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Marielle de Sarnez n'est pas la seule élue concernée. Sous le feu des projecteurs médiatiques depuis les révélations du Parisien, la ministre des Affaires européennes fait partie d'une liste de 19 députés européens visés par une enquête préliminaire pour "abus de confiance", ouverte à la suite d'une lettre de Sophie Montel, eurodéputée FN. Ce courrier fait état de soupçons d'emplois fictifs parmi les assistants de ces députés. Des soupçons pour lesquels plusieurs cadres du FN sont justement mis en examen dans une autre affaire.

>> Quatre questions sur l'enquête qui vise la ministre Marielle de Sarnez

La liste complète a été révélée mardi 30 mai par Le Figaro et confirmée de source proche du dossier à franceinfo. La voici.

Marielle de Sarnez

Parti politique : MoDem.

Sa réaction : La ministre a rapidement annoncé son intention de porter plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre Sophie Montel. Elle dément toute irrégularité dans l'emploi de l'assistante visée : "Sa situation a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen".

Robert Rochefort

Parti politique : MoDem.

Sa réaction : Au Journal du dimanche, l'eurodéputé explique que l'un de ses assistants effectue ses activités militantes "à titre bénévole et hors de son temps de travail". Il assure avoir reçu une lettre du Parlement européen autorisant cet engagement.

Yannick Jadot

Parti politique : Europe Ecologie - Les Verts.

Sa réaction : Contacté par franceinfo, l'élu EELV dément les accusations portés contre lui. "Je n'ai aucun souci à répondre sur mes assistants parlementaires, j'ai toujours agi en transparence avec les services du Parlement, explique-t-il. Le FN, qui est embourbé dans les affaires, cherche à faire diversion en dénonçant tous azimuts."

Michèle Rivasi

Parti politique : Europe Ecologie - Les Verts.

Sa réaction : Sur son site personnel, Michèle Rivasi se dit "extrêmement surprise" et parle d'une "dénonciation calomnieuse" visant à faire "diversion". "Les assistants de mon équipe n’exercent aucune responsabilité interne (au sein d’EELV) ou externe (élu local) ; ils travaillent à mes côtés à temps plein pour m’aider dans mes combats pour bâtir une Europe qui protège", assure-t-elle.

Edouard Martin

Parti politique : Parti socialiste.

Sa réaction : Contacté par franceinfo, l'ancien syndicaliste "tombe de sa chaise". "C'est n’importe quoi, le FN essaye de faire diversion", lâche-t-il. "Je peux prouver que mon assistante parlementaire locale travaille pour moi, rien que pour moi, tout pour moi, elle n’a pas d’autre responsabilité que conseillère municipale d'opposition à Sélestat", développe l'élu. Il réfléchit à porter plainte contre Sophie Montel.

Emmanuel Maurel

Parti politique : Parti socialiste.

Sa réaction : Contacté par franceinfo, Emmanuel Maurel préfère en rire. "Ce serait assez drôle qu’on me reproche de payer des permanents du PS, je suis dans l’opposition du PS depuis des années", explique-t-il, en référence à l'affaire du Front national. "Tous les assistants travaillent pour moi, exclusivement pour moi, dans le cadre de leurs missions", assène l'élu, avant de s'en prendre au FN : "Comme ils ne sont pas souvent au Parlement européen et qu’ils n’y connaissent rien, ils prêtent aux autres leurs propres turpitudes. Ils ferait mieux de venir au Parlement européen, ils verraient qu’il y a des assistants qui bossent".

Christine Revault d'Allonnes Bonnefoy

Parti politique : Parti socialiste.

Sa réaction : Sur Twitter, l'élue a annoncé son intention de porter plainte pour "dénonciation calomnieuse". Elle a également relayé un communiqué de la délégation socialiste française au Parlement européen, qui dénonce "avec force cette diversion grossière vis-à-vis de l’affaire qui concerne le Front national".

Jean-Louis Cottigny

Parti politique : Parti socialiste.

Sa réaction : A La Voix du Nord, celui qui n'est plus élu au Parlement depuis 2014 assure qu'il a "toutes les preuves qu'il faut si la justice en a besoin". "Sa fonction d’attaché parlementaire a été validée par le Parlement européen après enquête. Ce n’était donc pas incompatible avec ses autres fonctions", dit-il à propos de son collaborateur visé par la lettre de Sophie Montel.

Michèle Alliot-Marie

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : Dans un communiqué diffusé sur Twitter, l'ancienne ministre a annoncé son intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse. "Tenter de jeter gratuitement l'opprobre sur des personnes pour se dédouaner de ses propres turpitudes devient, pour certains, une règle de fonctionnement", dénonce-t-elle. L'élue assure que ses collaborateurs obéissent tous "aux règles de transparence, de réalité de leur activité à mes côtés et de conformité stricte aux règles et procédures des instances européennes".

Angélique Delahaye

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : A l'heure actuelle, elle n'a pas encore réagi publiquement.

Brice Hortefeux

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : Au Figaro, l'ancien ministre de l'Intérieur assure que "tout est clair". "Le travail a été effectué et le Parlement européen informé" du mandat d'élu de son assistante, explique-t-il, avant de rappeler : "rien n'empêche un assistant parlementaire d'être élu. Je pousse d'ailleurs les miens à cela".

Marc Joulaud

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : Dans un communiqué diffusé sur Twitter, le maire de Sablé-sur-Sarthe – mis en examen dans l'affaire Fillon – assure que ses collaborateurs "répondent aux règles strictes de transparence édictées par le Parlement européen". "Mon collaborateur local travaille à temps partiel et exerce en parallèle un mandat électif. J'ai personnellement vérifié sa situation avec les services administratifs du Parlement européen, développe-t-il. Tout est parfaitement clair et conforme".

Tokia Saïfi

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : Sur Twitter, l'édile dénonce "une nouvelle tentative de diversion politicienne" et un "écran de fumée" du FN. "Face à de tels procédés, je tenais donc à préciser que l'ensemble de mes collaborateurs ont toujours parfaitement respecté les règles en vigueur au Parlement européen", se défend Tokia Saïfi. 

Jérôme Lavrilleux

Parti politique : ex-Les Républicains.

Sa réaction : Joint par Le Figaro, l'élu balaye les accusations qui visent l'un de ses attachés parlementiares. "Tout est en règle avec le Parlement européen, rien n'empêche un attaché parlementaire d'être élu", assure-t-il. Jérôme Lavrilleux a même communiqué au journal une lettre du Parlement européen, autorisant son assistant à exercer son mandat de conseiller municipal.

Constance Le Grip

Parti politique : Les Républicains.

Sa réaction : A l'heure actuelle, elle n'a pas encore réagi publiquement.

Jean Arthuis

Parti politique : ex-UDI, En marche !

Sa réaction : Après la publication de la liste, Jean Arthuis s'est fendu d'un tweet. "Je vois mon nom apparaître dans une enquête sur les assistants parlementaires. Je ne me sens concerné en aucune façon", a-t-il lancé.

Dominique Riquet

Parti politique : UDI.

Sa réaction : Au Journal du Dimanche, le centriste dénonce "un désir très malsain du FN de me nuire". Comme d'autres de ses collègues, il assure avoir obtenu "la validation du secrétariat général" du PE pour l'emploi de son collaborateur, par ailleurs conseiller départemental.

Patrick Le Hyaric

Parti politique : Front de gauche.

Sa réaction : Au Journal du dimanche, l'élu communiste assure que "l'ensemble de [s]es assistants en circonscription, comme ceux basés à Bruxelles, concourent à [s]es activités parlementaires". "Que l'enquête aille à son terme", demande-t-il.

Virginie Rozière 

Parti politique : Parti radical de gauche.

Sa réaction : Son équipe a répondu au Journal du dimanche en dénonçant "un enfumage pour détourner l'attention de l'enquête en cours". Ses collaborateurs démentent tout "emploi fictif".