VIDEOS. Ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Hollande au journal de 20 heures

Remaniement, crise des agriculteurs, Notre-Dame-des-Landes : le chef de l'Etat a fait plusieurs annonces. Résumé. 

François Hollande, le 11 février 2016, à l'Elysée.
François Hollande, le 11 février 2016, à l'Elysée. (STEPHANE DE SAKUTIN / POOL)

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Quelques heures après l'annonce du remaniement gouvernemental, François Hollande a répondu aux questions de David Pujadas et Gilles Bouleau pendant les journaux télévisés de France 2 et de TF1, jeudi 11 février.

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Les analystes politiques s'attendaient à ce que le chef de l'Etat assure le service après-vente du remaniement. Mais François Hollande a surtout profité de cette demi-heure d'interview pour évoquer les sujets sensibles, qui divisent la majorité et perdurent comme un caillou dans la chaussure de l'exécutif. Notre-Dame-des-Landes, réforme constitutionnelle, grève des agriculteurs... francetv info fait le point sur cette intervention du chef l'Etat.

L'annonce d'un référendum local sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Le chef de l'État a annoncé la tenue d'une consultation locale sur ce projet très contesté. "D'ici le mois d'octobre, je demande au gouvernement avec les élus locaux, d'organiser un référendum local afin de savoir ce que veut vraiment la population (...). Si c'est non, l'Etat en tirera les conséquences", a-t-il déclaré, sans toutefois définir le périmètre de cette consultation.

Ce référendum aurait été obtenu par l'ancienne secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts, Emmanuelle Cosse, qui vient d'être nommée ministre du Logement. Il s'agissait de la condition à laquelle l'écologiste a accepté de rejoindre le nouveau gouvernement de Manuel Valls, a annoncé une porte-parole du parti, peu après le remaniement. Mais François Hollande réfute cette affirmation : "Il n'y a pas de marchandage. Je ne troque pas telle ou telle entrée au gouvernement contre tel ou tel renoncement".

Sa volonté d'en finir vite avec l'adoption de la réforme constitutionnelle

"Je ne souhaite pas que la navette dure trop longtemps". Alors que la réforme de la Constitution a été votée par les députés, mercredi 10 février, le chef de l'Etat a expliqué qu'il souhaitait que son adoption se fasse rapidement. Mais la route est encore longue pour le texte : il doit être voté par le Sénat dans les mêmes termes, pour ensuite être approuvé par l'ensemble des députés et des sénateurs réunis en Congrès à Versailles, à la majorité des trois cinquièmes. 

Cette réforme, et notamment la déchéance de nationalité qu'elle prévoit, est très contestée et continue de diviser la majorité, qui dénonce une mesure empruntée à la droite. "Les Français veulent que cela se termine, et moi aussi", a dit le président de la République à ce propos. 

La promesse d'une baisse des cotisations sociales pour les agriculteurs

Autre annonce importante du président de la République, pour calmer la colère des agriculteurs. "Le Premier ministre va annoncer avant le 17 février une nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour l'ensemble des agriculteurs", a-t-il promis.

Depuis plusieurs semaines, les éleveurs et producteurs ont repris leurs actions pour protester contre la baisse des prix et la concurrence des produits étrangers. Le chef de l'État a assuré que les choses allaient également "bouger" au niveau européen, alors qu'un Conseil européen sur l'agriculture est prévu, lundi 15 février.

Son refus de parler de 2017 et d'une primaire à gauche

François Hollande "ne veut pas entrer dans le débat des primaires". "Il y a ce que font les partis, et c'est leur rôle, et il y a ce que j'ai à faire, a lancé le chef de l'État, refusant d'évoquer son éventuelle candidature à sa réélection en 2017. Ce que j'ai à faire, c'est diriger le pays et prendre ma décision le moment venu. Ce moment n'est pas venu."

"Je serai président jusqu'au bout", a-t-il dit, après avoir assuré qu'il ne faisait "pas de calcul". Répétée à trois reprises, c'était définitivement la phrase à retenir de cette intervention.

Des mots doux pour ses ministres

"Il y a des talents dans ce gouvernement". Interrogé sur le maintien d'Emmanuel Macron dans le gouvernement malgré ses nombreux accrochages avec le Premier ministre, Hollande a défendu son ministre de l'Économie. "Il a son tempérament et il n'est pas dans la vie politique un personnage classique".

Hollande a aussi assuré que le gouvernement était "cohérent". Selon le chef de l'Etat, Manuel Valls "anime cette équipe avec talent et autorité". À propos de la nomination de Jean-Marc Ayrault au ministère des Affaires étrangères, il a affirmé qu'il "sera un bon ministre, car il connaît les dossiers". Après avoir été Premier ministre, puis débarqué du gouvernement, Jean-Marc Ayrault réintègre l'équipe exécutive du quinquennat. Une première dans la Ve République.