La check-list de François Hollande pour espérer une réélection en 2017

A un an de la présidentielle, francetv info analyse la stratégie du chef de l'Etat pour tenter de briguer un second mandat. 

François Hollande, le 7 avril 2016, à Metz (Moselle). 
François Hollande, le 7 avril 2016, à Metz (Moselle).  (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Kocila MakdecheFrance Télévisions

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Opération reconquête, suite. François Hollande est l'invité de France 2 pour la première de l'émission "Dialogues citoyens", jeudi 14 avril. Sur le plateau, il répondra aux questions de quatre Français, ainsi qu'aux journalistes David Pujadas, Léa Salamé et Karim Rissouli.

Cette émission, comme le dossier brûlant de la primaire à gauche, relance la question de la candidature du chef de l'Etat en 2017. Francetv info décrypte sa stratégie, à un an de la présidentielle.

Elargir sa base politique au-delà du PS

Que ce soit lors du débat sur la déchéance de nationalité ou, en ce moment, en pleine réforme du Code du travail, l'aile gauche du PS n'a pas manqué de tirer à boulets rouges sur François Hollande. Et celui-ci l'a bien compris : ce n'est pas avec le seul PS qu'il gagnera la bataille de 2017. 

Pendant que le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, lance sa Belle Alliance populaire, censée rassembler politiques, associations, syndicats et acteurs de la société civile, François Hollande cherche à élargir sa base sur l'échiquier politique. Avec Emmanuel Macron, il courtise un électorat plus centriste. L'entrée au gouvernement de Jean-Michel Baylet lors du dernier remaniement lui assure le soutien des radicaux de gauche. La nomination des écologistes Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé ont eu pour effet de mettre au tapis EELV, dont le ton devenait de plus en plus dur à l'encontre du président.

Le mot d'ordre : rassembler, quitte à faire imploser certaines composantes de la gauche. "L'objectif de Hollande est simple : il veut être le bienheureux de la désolation et se retrouver seul au milieu du champ de ruines que sera la gauche et qu'il aura créé", fustige le député européen Emmanuel Maurel, l'une des figures de la gauche du PS, dans Le Pari, des journalistes Charlotte Chaffanjon et Bastien Bonnefous (Plon). 

Eviter une primaire ouverte à d'autres socialistes

L'éventualité d'une primaire à gauche se précise. La direction du PS a voté à l'unanimité, samedi 9 avril, le principe d'un avant premier tour avec les écologistes. EELV a adopté, le même jour, une motion dans laquelle le parti explique "accueillir avec intérêt" cette idée, relate Le Monde. Le Parti communiste doit quant à lui se prononcer le 15 avril. 

François Hollande ne s'est pas exprimé sur le sujet, mais ses proches l'ont fait pour lui. "On ne peut qu’être favorable à une primaire, face au risque d’une absence de la gauche au deuxième tour, a confié à France 2 un de ses proches. La seule limite à cela, c’est que si le président y participe, c’est un peu différent." 

Le chef de l'Etat ne serait "pas contre" une primaire, à condition d'être l'unique candidat du PS. Pas question de se relancer dans une primaire à six socialistes comme en 2011. Mais la sénatrice frondeuse Marie-Noëlle Lienemann a déjà annoncé sa candidature. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg pourraient lui emboîter le pas prochainement. De son côté, la députée PS et ex-ministre Aurélie Filippetti craint une "primaire à l’albanaise" avec "un seul candidat, François Hollande, et aucune tête qui dépasse", raconte Le Lab. Un scénario qui permettrait de légitimer François Hollande.  

Annoncer sa candidature au bon moment 

François Hollande l'a confié à plusieurs reprises : il attendra la fin de l'année pour annoncer sa candidature. "Moi, si je ne suis pas candidat, je le dirai en octobre au plus tard. Et si je le suis, je dirai ça fin novembre-début décembre, après les primaires de la droite. Il faut que je connaisse leur candidat", a-t-il confié à un conseiller. La scène a été reconstituée avec des acteurs par les équipes de "13h15 le dimanche".


13h15 le dimanche. Les Verbatims. Gauche, la foire d’empoigne avec "François Hollande"

Le chef de l'Etat ne veut surtout pas répéter le scénario de Nicolas Sarkozy en 2012, explique Le Figaro (article abonnés). L'ancien président avait déclaré officiellement sa candidature le 15 février, deux mois seulement avant le premier tour de la présidentielle. "Il ne faut pas de mélange des genres entre le président en exercice et le candidat. Mais il faut quand même prendre le temps d'être en campagne", assurait un parlementaire à francetv info 

Se dépêtrer de sa promesse sur le chômage

Depuis plusieurs années, François Hollande n'a de cesse de le répéter : il ne se représentera pas s'il ne parvient pas à inverser la courbe du chômage. Il persiste et signe, le 19 février, au micro de France Inter : "Je me suis engagé personnellement. J'ai dit que je serais jugé sur cette question-là. Je ne me déroberai pas."

Le chef de l'Etat semble pourtant vouloir se libérer de cet engagement, mis à mal chaque mois par des chiffres du chômage décevants. "Il y a les chiffres, il y a les statistiques, et puis il y a ce que les Français ont comme sentiment, explique le chef de l'Etat dans Le Pari. Ce sera une tendance, ce sera une ambiance. Plus une ambiance qu'une tendance, d'ailleurs."

Dans son camp, on affiche une confiance unanime. "Il est sûr à 95% que ça va s'améliorer. Il prend le risque des 5% restants, confie Marisol Touraine à Charlotte Chaffanjon et Bastien Bonnefous. D'ailleurs, le risque n'est pas que le chômage ne baisse pas. Il va baisser. L'enjeu, c'est que cette baisse soit durable." Un pari qui devra être gagné avant la fin de l'année 2016.