Syrie, migrants, impôts… Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Hollande

Le chef de l'Etat a répondu aux questions des journalistes pendant près de deux heures. Francetv info résume l'essentiel de son intervention.

Le président de la République, François Hollande, lors d'une conférence de presse à Paris, le 7 septembre 2015.
Le président de la République, François Hollande, lors d'une conférence de presse à Paris, le 7 septembre 2015. (FRANCOIS MORI / AP / SIPA)

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"Faire des choix jusqu'au bout de mon mandat, sans calcul ni répit." Lundi 7 septembre, François Hollande a donné sa sixième conférence de presse depuis le début de son quinquennat. Après un propos liminaire de quinze minutes, essentiellement centré sur les questions internationales, il a répondu aux journalistes pendant environ une heure et demie. Francetv info récapitule ce qu'il faut retenir de ses déclarations. 

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Syrie : des frappes envisagées contre l'Etat islamique

Des vols de reconnaissance en Syrie dès mardi. Le président de la République a confirmé que la France allait lancer une opération militaire en Syrie, pour mettre à mal l'expansion du groupe Etat islamique et aider à la lutte contre le terrorisme en France. "Pour faire face aux menaces, j'ai demandé au ministre de la Défense que dès demain puissent être menés des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, a-t-il annoncé. Le Parlement sera informé de ces opérations."

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Ces vols doivent permettre au renseignement de "savoir ce qui se prépare contre nous et se fait contre la population syrienne". "Ensuite, selon les informations que nous recueillerons, nous serons prêts à faire des frappes", a poursuivi François Hollande, rappelant que la France avait déjà eu l'intention de mener des frappes en 2013, après l'utilisation par le régime de Bachar Al-Assad d'armes chimiques contre des civils. "Ça ne fera pas davantage appel à ressources [financières] supplémentaires", a-t-il précisé. En revanche, le président a exclu toute intervention militaire au sol. Ce serait, selon lui, "inconséquent et irréaliste". 

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Le départ de Bachar Al-Assad, une "condition à un moment ou à un autre". Interrogé sur le terme "neutralisé" employé à propos de Bachar Al-Assad, fin août, François Hollande a confirmé qu'il souhaitait le départ du président syrien, mais n'a pas donné d'échéance. "La condition à un moment ou un autre [pour la résolution du conflit], c'est le départ de Bachar Al-Assad." Il a assuré que la Russie, alliée du régime syrien mais "pas un soutien indéfectible", restait un interlocuteur parmi d'autres. "Nous devons parler avec tous les pays qui doivent faciliter cette transition. Je pense aux pays du Golfe, à la Russie, à l'Iran."

Migrants : l'accueil de réfugiés, un "devoir"

Vingt-quatre mille demandeurs d'asile supplémentaires accueillis en France. Quatre jours après l'accord franco-allemand sur les quotas de demandeurs d'asile (sans que le terme "quota" soit employé), François Hollande a défendu ce "mécanisme obligatoire et permanent". Il a annoncé que la France allait accueillir 24 000 réfugiés sur les deux prochaines années pour soulager les pays qui font face à l'afflux de migrants. 

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Le chef de l'Etat a insisté sur la distinction, parmi les migrants, "entre ceux qui relèvent du droit d'asile et ceux qui doivent être raccompagnés (...). La condition pour agir, c'est la mise en place de contrôles aux frontières avec des centres d'identification et d'enregistrement." Sans ce mécanisme, ce serait "sans doute la fin de Schengen" dans l'Union européenne, d'après le chef de l'Etat. 

Répondre à "l'inquiétude" des Français sur les migrants. Selon un sondage paru samedi, 55% des personnes interrogées sont opposées à la mise en place de quotas. François Hollande s'est attaché à défendre le principe du droit d'asile, qui est "inscrit dans le préambule de la Constitution".

C'est le devoir de la France, où le droit d'asile fait partie intégrante de son âme, de sa chair. C'est l'histoire qui appelle cette responsabilité et cette humanité. Des générations d'exilés sont venus au cours des décennies passées faire France avec nous.

François Hollande

Le 7 septembre, à l'Elysée

"La France est un grand peuple, lui-même forgé à travers des générations d'hommes et de femmes parfois venues de très loin, a-t-il plaidé. Elle a toujours été capable d'accueillir les martyrisés, les proscrits, les déplacés. Elle a son honneur d'être à la hauteur." Pour "dissiper les inquiétudes" des Français, François Hollande assure que l'accueil des réfugiés ne se fera "pas n'importe où et n'importe comment". 

Il y a des moments où il faut prendre des décisions en fonction de l'intérêt majeur du pays, de ce que nous nous représentons comme idée de la France, du droit des personnes. C'est une question pas simplement de conscience ou d'émotion, mais de responsabilité.

François Hollande

Le 7 septembre, à l'Elysée

Impôts : une baisse pour plus de 8 millions de foyers

Plus de 2 milliards d'euros de baisses d'impôts en 2016. Autre annonce d'ampleur, dans un tout autre domaine, François Hollande a confirmé des baisses d'impôts pour 2016. Elles concerneront "plus de 8 millions" de foyers pour un montant total de "plus de 2 milliards d'euros". Ces baisses passeront par l'impôt sur le revenu, comme c'était déjà le cas lors des deux précédentes mesures (en 2014 pour environ un milliard d'euros et en 2015 pour 3,2 milliards d'euros). "Il ne peut pas être question d'augmenter les taxes ou le déficit." 

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FRANCE 2

Vers une "intégration entre la CSG et l'impôt sur le revenu". Quant à la réforme du système fiscal français, "ce processus est engagé et se poursuivra". "Le prélèvement à la source permettra d'avoir des évolutions de notre système fiscal par une intégration entre la CSG et l'impôt sur le revenu", a-t-il indiqué. Promesse de campagne lancée en 2012, la fusion entre l'impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée (CSG) n'est donc pas encore d'actualité.

Droit du travail : une loi pour le "rendre lisible"

Mercredi, le haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle doit rendre un rapport au Premier ministre sur le droit du travail. Ce rapport sera "soumis à consultation et une loi sera présentée" après "concertation" des partenaires sociaux, pour "rendre lisible le Code du travail", d'après François Hollande, qui n'a pas mentionné de date. "Nous donnerons toute la place nécessaire à la négociation collective et aux accords d'entreprise pour permettre justement qu'il y ait une meilleure adaptation du droit du travail à la réalité des entreprises." 

Conférence climat COP21 : des "risques d'échec"

Faisant le constat que le monde était "encore loin d'un accord contraignant et de financement à la hauteur de l'enjeu" du réchauffement climatique, et qu'il y avait "des risques d'échec" de la conférence qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 11 décembre, le chef de l'Etat a jugé qu'un "sursaut était nécessaire". Il a assuré que la France mènerait l'offensive sur le financement des politiques climatiques.

Redevance audiovisuelle : pas d'élargissement aux box

Depuis quelques jours, la question de la redevance audiovisuelle divise le gouvernement. Si la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, se montre favorable à son élargissement aux objets connectés, sa collègue Axelle Lemaire y est opposée. Le chef de l'Etat partage l'avis de la secrétaire d'Etat au Numérique. "Il faut des financements, mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d'ajustement, a commenté François Hollande. Il y a l'idée d'élargir l'assiette de la redevance aux objets connectés, je n'y suis pas favorable. (...) Il peut y avoir d'autres pistes."

Candidature en 2017 : oui, si le chômage baisse

Interrogé sur une éventuelle candidature à un second mandat en 2017, François Hollande a réitéré son engagement de la lier à l'inversion de la courbe du chômage. "Lorsque j'ai dit, il y a plus d'un an, que c'était s'il y avait une baisse du chômage que je devrais imaginer me présenter aux Français, c'était une évidence. J'allais dire, presque une évidence morale."