Présidentielle : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Alain Juppé

Le maire de Bordeaux a confirmé "une bonne fois pour toutes" qu'il ne serait "pas candidat" à l'élection présidentielle.

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, lors d\'une conférence d epresse, le 6 mars 2017.
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, lors d'une conférence d epresse, le 6 mars 2017. (MEHDI FEDOUACH / AFP)
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Non, c'est non. Alain Juppé refuse d'être le "plan B" tant de fois évoqué en cas d'un éventuel renoncement de François Fillon. Lors d'une conférence de presse à Bordeaux (Gironde), lundi 6 mars, l'ancien Premier ministre a confirmé "une bonne fois pour toutes" qu'il ne serait "pas candidat" à l'élection présidentielle. Franceinfo vous résume ce qu'il faut retenir de sa conférence de presse.

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Il a critiqué François Fillon

La maire de Bordeaux a commencé par dresser le tableau d'une situation politique apocalyptique, évoquant tour à tour une gauche "fracturée", "l'immaturité politique" d'Emmanuel Macron" et le risque d'une victoire du Front national qui "conduirait notre pays au désastre".

Jamais sous la Ve République une élection presidentielle ne s'est présentée dans des conditions aussi confuses.

Alain Juppé

Il s'en est ensuite pris directement à François Fillon, déplorant l'"impasse" dans laquelle le candidat s'est enfermé avec son "système de défense fondé sur un prétendu complot", alors que la primaire lui avait ouvert "un boulevard". Il a également dénoncé "l'obstination" du candidat Fillon et une radicalisation du "noyau dur des militants LR".

Quant à nous, la droite et le centre... Quel gâchis !

Alain Juppé

Il a renoncé à se présenter

Le finaliste de la primaire a évoqué les "très nombreux appels" reçus la semaine dernière pour le pousser à se présenter. Il reconnaît avoir "hésité", mais a décidé "une bonne fois pour toutes" de ne pas être candidat. "Je ne suis pas en mesure aujourd'hui de réaliser le nécessaire rassemblement autour d'un projet fédérateur", justifie-t-il. Et si François Fillon venait toutefois à renoncer ?

Le passage de témoin se ferait dans la douleur et laisserait des cicatrices.

Alain Juppé

Il a expliqué pourquoi

En fin de conférence de presse, Alain Juppé s'est livré à une analyse des raisons qui ne lui permettent pas, selon lui, d'être candidat. Il dit ainsi avoir observé le désir de renouvellement de la classe politique souhaité par de nombreux électeurs et se considère aujourd'hui, à 71 ans, en décalage : "Pour moi, il est trop tard. Je n'incarne pas le renouvellement souhaité par les Français." Il estime également qu'il ne peut satisfaire au besoin d'exemplarité réclamé par les Français en raison de sa condamnation en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. 

Je ne peux répondre pleinement à cette exigence. (...) Je ne veux pas livrer mon honneur en pâture aux démolisseurs de réputation.

Alain Juppé

Prenant un ton grave, le maire de Bordeaux a estimé qu'il n'était "jamais trop tard pour la France", même si le pays "vit une terrible crise de confiance". Il a indiqué qu'il voulait désormais se consacrer à sa ville, tout en continuant à s'exprimer "sur les grandes orientations" politiques qu'il juge nécessaires pour la France.