Présidentielle : six Français sur dix pensent que François Fillon doit renoncer

Selon un sondage Odoxa pour franceinfo rendu public vendredi, 61% des Français estiment que François Fillon doit se retirer de la course à la présidentielle, après les révélations du Canard enchaîné sur les soupçons d'emplois fictifs de son épouse. 

Le candidat Les Républicains à la présidentielle, François Fillon, lors d\'un déplacement à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, le 2 février 2017.
Le candidat Les Républicains à la présidentielle, François Fillon, lors d'un déplacement à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, le 2 février 2017. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)
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La candidature de François Fillon à l'élection présidentielle est de plus en plus menacée par les révélations du Canard enchaîné. Les multiples rebondissements de cette affaire Penelope Fillon semblent échauder les Français et ce quelle que soit leur sensibilité politique, selon un sondage Odoxa pour franceinfo publié vendredi 3 février.

Il ressort en effet de ce sondage que six Français sur dix et un sympathisant de droite sur deux pensent que François Fillon a tort de ne pas d'ores et déjà renoncer à se présenter.

Pour la majorité des Français, il doit renoncer

Ce sondage ne cherche pas à savoir si les Français jugent François Fillon coupable, mais s'il a raison ou non de "tenir bon et maintenir sa candidature tant qu'il n'est pas mis en examen". 

Le résultat est sans appel : 61% des Français donnent tort à François Fillon et estiment qu'il devrait renoncer à se présenter à l'élection présidentielle. Les sympathisants de droite, pris dans leur ensemble, sont un peu plus partagés puisque 54% lui donnent raison, et 46% lui donnent tort.

Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 997 Français interrogés par Internet les 1er et 2 février 2017.
Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 997 Français interrogés par Internet les 1er et 2 février 2017. (ODOXA POUR FRANCEINFO)

En revanche, et il s'agit de l'autre enseignement de ce sondage, le noyau dur des sympathisants de droite, hors Front national, semble toujours soutenir l'ancien Premier ministre, puisqu'ils sont 68% à estimer qu'il a raison de se maintenir. 

Une question d'éthique

Mais quelle que soit leur position, pour ou contre le maintien de François Fillon, les Français s'accordent sur le fait qu'il s'agit avant tout d'un choix éthique, et non d'un pur pragmatisme politique.

Ceux qui, minoritaires, estiment que l'ancien Premier ministre "a raison de tenir bon", justifient à 91% ce choix par un principe éthique majeur : la présomption d'innocence. Considérant ce principe, François Fillon n'a donc aucune raison de renoncer à sa candidature, puisqu'il n'a pour le moment pas été formellement mis en cause par la justice.

De même, ceux qui estiment majoritairement qu'il devrait d'ores et déjà renoncer à se présenter, le justifient par éthique. En effet, 65% d'entre eux estiment ce renoncement inéluctable d'un point de vue éthique, expliquant qu'il ne faudrait pas "que la droite présente à l'élection présidentielle un candidat dont l'image a ainsi été altérée".

Quel plan B ?

Tout comme les médias et la classe politique, les Français sont plus partagés concernant "l'après" François Fillon.

Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 997 Français interrogés par Internet les 1er et 2 février 2017.
Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 997 Français interrogés par Internet les 1er et 2 février 2017. (ODOXA POUR FRANCEINFO)

Trois options ont été soumises aux sondés, mais aucune des trois hypothèses n'a fait l'unanimité auprès des Français, qui se répartissent en trois tiers presque parfaits : 31% pensent qu'il faudrait désigner en urgence une autre personnalité susceptible de faire l'unanimité ; 34% estiment qu'il faudrait réorganiser dans l'urgence une primaire avec tous les autres candidats ; enfin, 34% sont partisans d'un retour d'Alain Juppé.

27% des sympathisants de droite préféreraient une nouvelle primaire

Le noyau dur de l'électorat de droite, hors Front national, est lui aussi partagé, même si le recours à Alain Juppé semble convaincre un plus grand nombre d'entre eux. Ils sont 39% à opter pour le maire de Bordeaux, contre 34% qui préféreraient la désignation d'un autre candidat faisant l'unanimité, en sachant qu'ils ne précisent pas quel candidat, ni comment il serait choisi. Enfin, 27% de ces sympathisants de droite préféreraient qu'une nouvelle primaire soit organisée.

Enquête Odoxa pour franceinfo réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 1er et 2 février 2017. Échantillon de 997 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.