Présidentielle : "François Fillon repart en campagne et tente de reprendre le fil"

Empétré dans les affaires, François Fillon relance sa campagne ce mercredi, à Compiègne, en proposant d'abaisser la majorité pénale à 16 ans. Pour Guillaume Jublin, enseignant à Sciences Po, interrogé sur franceinfo, le candidat n'a plus le choix : "C’est aux autres de le suivre et non l’inverse."

François Fillon le 12 février 2017.
François Fillon le 12 février 2017. (RICHARD BOUHET / AFP)
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Plongé dans la tourmente depuis les révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme et de deux de ses enfants, François Fillon a tenu un meeting mercredi 15 février devant près de 4 000 personnes à Compiègne, dans l'Oise. L'objectif pour le candidat est de reparler de son projet et de tourner la page du "Penelopegate". Il a notamment proposé d'abaisser la majorité pénale à 16 ans. Une proposition de l'ancien président Nicolas Sarkozy, avec qui il a déjeuné mercredi midi.

Pour Guillaume Jubin, enseignant à Sciences Po et associé au cabinet Tilder, le candidat repart en campagne et estime sur franceinfo que "le temps qui passe joue en sa faveur. Plus on va se rapprocher de l’élection présidentielle, plus sa légitimité sera plus indéniable qu’aujourd’hui".

franceinfo : Est-ce que ces propositions ne résonnent pas dans le vide ?

Guillaume Jubin : Une bonne communication ne remplace jamais une mauvaise communication. François Fillon avait un problème de communication vis-à-vis des Français, tout comme au sein de sa majorité qui ne le soutenait pas. Il a perdu le fil de la campagne à la fois dans le rythme et dans l’agenda des propositions. Il repart en campagne et tente de reprendre le fil. Il n’a pas le choix. Maintenant en termes de communication, c’est aux autres de le suivre et non l’inverse.

Aurait-il dû réunir sa famille plus tôt ?

Il aurait, sans doute, dû le faire dès le lancement des affaires si l'on reprend la chronologie. Il a tardé à répondre à sa famille politique et à faire en sorte qu’elle soit en ordre de marche et en ordre de bataille derrière lui, au lendemain des révélations de l’affaire. Il aurait pu le faire beaucoup plus tôt que ce qu’il a fait il y a quelques jours. Il a également tardé à répondre aux Français. Il a attendu un peu plus de quinze jours pour faire une opération de transparence sur ses affaires.

Au niveau de l’opinion publique, pensez-vous que le divorce est consommé ?

Il a une faille qui risque de le poursuivre durant toute la campagne. Mais en politique, rien n’est jamais terminé. C’est à lui de décider et d’imprimer une marque et un rythme dans la campagne. Le problème, c’est que cette campagne ne se fait pas seulement autour des programmes, mais autour d’une personnalité des candidats. Il peut tout de même reprendre la main, c’est à lui d’emballer le rythme des propositions. La fronde au sein de sa famille politique est un de ses boulets. Mais le temps qui passe joue en sa faveur, plus on va se rapprocher de l’élection présidentielle, plus sa légitimité sera plus indéniable qu’aujourd’hui. Il va être obligé de faire des propositions et de recréer l’agenda et faire en sorte que ce soit autour de lui que la campagne se fasse et non pas sur ses affaires.

Guillaume Jubin : "La fronde au sein de sa famille politique est un de ses boulets."

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