Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de François Fillon

Malmené depuis deux semaines par les soupçons d'emplois fictifs concernant ses proches, le candidat de la droite s'est défendu devant la presse, lundi.

François Fillon, lors de sa conférence de presse organisée lundi 6 février 2017 à son QG de campagne, dans le 15e arrondissement de Paris.
François Fillon, lors de sa conférence de presse organisée lundi 6 février 2017 à son QG de campagne, dans le 15e arrondissement de Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)
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Vincent MatalonFrance Télévisions

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"Je comprends les interrogations. Je n'ai rien à cacher." Mis à mal depuis deux semaines par les révélations du Canard enchaîné, contesté jusque dans son propre camp, François Fillon s'est défendu, lundi 6 février, devant la presse réunie à son QG de campagne, à Paris. A cette occasion, il a présenté ses "excuses" aux Français.

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Le candidat désigné par la primaire de la droite à l'élection présidentielle s'est exprimé durant une quarantaine de minutes. Plus de 250 journalistes, dont 56 correspondants de la presse étrangère, étaient accrédités pour l'événement. Franceinfo revient sur ce qu'il faut retenir des explications de François Fillon.

Les explications : "Le salaire de [mon épouse] était justifié, car son travail était indispensable"

"Oui, j'ai employé mon épouse comme collaboratrice." Droit derrière son pupitre, François Fillon a commencé son intervention en reconnaissant avoir bien embauché son épouse Penelope comme assistante parlementaire. "Elle a occupé ce poste pendant 15 ans, pour un salaire moyen de 3 277 euros net", a-t-il expliqué, ajoutant qu'elle avait également occupé son poste auprès de son suppléant. Et de se plaindre de la manière dont ses revenus ont été présentés dans la presse.

Sa rémunération présentée l'a été en brut, en un seul bloc, alors qu'elle a été employée 15 ans. N'importe quel montant brut sur 15 ans est spectaculaire.

François Fillon

lors de sa conférence de presse

Son travail "n'a rien de fictif" et son salaire était "parfaitement justifié", a asséné le candidat de la droite. "Elle a géré le courrier, tenu mon agenda, m'a représenté. C'est elle qui a travaillé sur mes interventions dans la Sarthe", a continué François Fillon.

Quant à la vidéo de Penelope Fillon diffusée jeudi par "Envoyé spécial", dans laquelle l'intéressée affirme n'avoir "jamais été son assistante", il s'agit selon lui d'un entretien "sorti de son contexte""On s'appuie sur une ancienne interview, en anglais, dans laquelle elle explique qu'elle n'a jamais été mon assistante. Oui, elle n'a jamais été ma subordonnée, mais ma compagne de travail", s'est-il justifié.

Il a en outre reconnu avoir employé deux de ses enfants comme assistants parlementaires "pour un salaire net de 3 000 euros en moyenne pour chacun".

Les promesses : "Je vais publier un tableau des rémunérations de mon épouse"

François Fillon s'est ensuite lancé dans une longue présentation de ses actifs et de son patrimoine, énumérant la liste de ses comptes et assurances-vie de son ménage au Crédit agricole de Sablé-sur-Sarthe, son fief. Il a précisé "ne pas être assujetti à l'ISF", et a promis de "publier dans la soirée sur internet un tableau sur la rémunération de [son] épouse" ainsi que sa déclaration de patrimoine.

Il est ensuite brièvement revenu sur les clients de sa société de conseil, 2F Conseil. Parmi eux se trouvent la société d'assurance Axa, le cabinet de conseil René Ricol, la banque Oddo et la holding Fimalac, dirigée par le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, qui est également le président de la Revue des deux mondes.

La liste de mes clients ne compte aucune entreprise russe, toutes les conférences données dans ce pays ont été faites à titre gratuit.

François Fillon

lors de sa conférence de presse

Les excuses : "C'était une erreur, je le regrette profondément"

"Tout est légal mais suis-je autant quitte sur le plan moral ? C'est aux Français de juger, a continué François Fillon avant de se livrer à un exercice de contrition. En travaillant avec ma femme et mes enfants, j'ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd'hui suscite la défiance. C'était une erreur, je le regrette profondément, et je présente mes excuses aux Français."

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Et de confesser avoir eu recours à des "pratiques anciennes qui ne sont plus acceptées par les Français". "J'ai mis un peu plus de temps qu'il n'aurait fallu à comprendre les évolutions de la société mais je n'ai pas enfreint la loi", a-t-il martelé.

Sa candidature : "Rien ne me détournera"

Avant de répondre aux questions des journalistes, François Fillon a conclu son intervention en assurant qu'il n'envisageait pas de se retirer de la course à la présidence de la République. "Le but de cette opération est d'effacer le choix des électeurs de la primaire", a-t-il dit, balayant la possibilité de voir un autre candidat de sa famille politique le remplacer. "On a vu qu'il n'y avait pas" de "plan B", a-t-il ajouté, évoquant un "plan B comme bérézina". "En aucun cas, les sondages ne pourront me faire changer d'avis. Je suis candidat à la présidentielle pour la gagner", a-t-il réaffirmé.

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Et de déplorer la place prise par les affaires le concernant dans l'actualité. "La France n'a-t-elle plus de problème avec le terrorisme islamiste ? (...) N'y a-t-il plus de problème de chômage, de sécurité, de surendettement ? (...) Rien ne me détournera des vrais enjeux de cette él'ection présidentielle", a-t-il dit, annonçant que pour lui, une "nouvelle campagne" débutait "dès ce soir".