Présidentielle : Bertrand Delanoë, Alain Madelin, le général Soubelet… Les soutiens hétéroclites d'Emmanuel Macron

L'ancien maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a apporté, mercredi, son soutien au candidat d'En marche !. Un mouvement qui compte dans ses rangs des personnalités de tous bords politiques.

Emmanuel Macron, lors d\'un meeting à Caen (Calvados), le 4 mars 2017. 
Emmanuel Macron, lors d'un meeting à Caen (Calvados), le 4 mars 2017.  (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
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"Ni droite, ni gauche, mais En marche !" Le discours d'Emmanuel Macron séduit des personnalités hétéroclites : d'anciens communistes au libéral Alain Madelin en passant par un général limogé après avoir fustigé le laxisme de la justice sous François Hollande... En janvier, Le Monde (article payant) soulignait que le "candidat à la présidentielle a engrangé (...) les ralliements de plusieurs vieux routiers de la politique démonétisés". Tour d'horizon - non exhaustif - de ces soutiens qui forment un attelage bigarré, une "auberge espagnole", comme le souligne Libération

Bertrand Delanoë, l'ancien maire socialiste de Paris

Bertrand Delanoë a annoncé, mercredi 8 mars sur France Inter, son soutien à Emmanuel Macron. "Il faut donner de la force au candidat qui pourra battre Marine Le Pen, a expliqué l'ancien maire socialiste de Paris. Vu la situation actuelle, Emmanuel Macron semble être le candidat le mieux placé pour faire barrage à l'extrême droite, selon lui. "La crise de la droite n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie, (…) et empêche une offre politique de droite", a jugé Bertrand Delanoë. "Vous ne pouvez pas faire changer l’Europe, redonner un espoir européen, si vous commencez par agresser l’Europe et si vous n’aimez pas l’Europe", a-t-il martelé. "Sur tous ces points, le candidat qui se rapproche le plus de mes convictions, c’est Emmanuel Macron."

Patrick Braouezec, l'ancien maire communiste de Saint-Denis 

Ancien maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) de 1991 à 2004, ancien député de 1993 à 2002, ancien membre du PCF jusqu'en 2010, Patrick Braouezec est désormais président Front de gauche d'un établissement public territorial en Seine-Saint-Denis. Il signe une tribune, mardi 7 mars, dans Le Monde (article payant), intitulée "Je voterai pour Emmanuel Macron". L'ancien communiste met en garde contre "les conséquences dramatiques d’un second tour droite extrême-extrême droite". Pour Patrick Braouezec, "Emmanuel Macron est le seul candidat à permettre de ne pas se retrouver devant cette situation et d’éviter que les gens subissent une politique rétrograde." Et l'ancien communiste précise qu'il s'agit là d'un "soutien (...) sans illusion, mais porteur de perspectives" et d'un "vote de raison, mais vote d’engagement également".

Robert Hue, l'ex-numéro 1 du PCF

Autre ancien communiste, et non des moindres, Robert Hue s'est dit prêt, le 2 mars, à soutenir le candidat d'En marche !. Premier secrétaire du PCF de 1994 à 2001, il interpelle le candidat à la présidentielle sur le site du Mouvement des progressistes, qu'il préside désormais. "Aucun des candidats [de gauche] n’apparaît en mesure d’être présent au deuxième tour de l’élection présidentielle pour empêcher le pire", écrit Robert Hue. Et de poursuivre : "Seul Emmanuel Macron, avec son projet progressiste, pourrait, me semble-t-il, atteindre cet objectif." Robert Hue précise toutefois ne pas être "en phase avec certaines des aspirations libérales" du candidat, mais il souligne "des axes forts de son projet" qu'il juge "positifs et [qui] répondent à l’esprit de conquête et de renouveau démocratique".

Alain Madelin, l'ancien ministre libéral de droite 

De l'autre côté de l'échiquier, Alain Madelin, figure française du libéralisme, salue le projet de réforme des retraites d'Emmanuel Macron. Dans une interview publiée le 7 mars par Le Point (article abonnés), l'ancien ministre d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé explique : "Ce n'est pas une bonne réforme, c'est une excellente réforme ! Je me déjugerais si je disais le contraire puisque je la prône depuis des années."

Dominique Tiberi, le fils de l'ancien maire UMP de Paris 

"Seul Macron peut nous éviter un second tour entre l’extrême gauche et l’extrême droite. Ce n’est pas Fillon qui pourra le faire !", expliquait, à la fin février, Dominique Tiberi, au Parisien. Le fils de Jean Tiberi, l'ancien maire de Paris, a apporté son parrainage au candidat d'En marche !. Comme le souligne Libération, le conseiller du 5e arrondissement de Paris avait été écarté du groupe UMP de la capitale en raison de sa dissidence lors de la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet. Selon Le Parisien, Dominique Tiberi a tenté d'obtenir son investiture auprès d'En marche ! pour les législatives, sans succès.

Le général Soubelet, pourfendeur du "laxisme" de la justice sous Hollande 

Le Front national l'appelle le "général courage". Le général Bertrand Soubelet, ancien numéro 3 de la gendarmerie, mis à l'écart pour être sorti de son devoir de réserve, sera, lui, candidat aux législatives dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine sous l'étiquette En marche!. "Symbole de fermeté régalienne", selon Libération, il s'est fait connaître en décembre 2013, lors d'une audition face aux députés. Sans prendre de pincettes, le général Soubelet, alors directeur des opérations et de l'emploi à la Direction générale de la gendarmerie nationale, avait dénoncé la politique pénale du gouvernement et jugé inefficaces les politiques de lutte contre l'insécurité. Nommé commandant de la gendarmerie d'outre-mer à la suite de cette audition, il avait été écarté de ce poste après la publication, en avril 2016, d'un livre à charge, Tout ce qu'il ne faut pas dire.

Bernard Kouchner, l'ancien PS et ex-ministre de Nicolas Sarkozy

Bernard Kouchner est une personnalité politique inclassable. Interrogé par Le Parisien, le 24 janvier, qui lui demande si Emmanuel Macron incarne "l'espoir", il répond : "Trois fois oui !" "S'il y a quelqu'un qui fait naître l'espoir, c'est bien lui. Un homme qui ouvre le jeu, qui ne dit pas de mal des gens par goût électoral", explique-t-il. "C'est l'homme qui ne s'arrête pas au clivage droite-gauche", souligne l'ancien membre du PS devenu ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy.