Pourquoi l'annonce du gouvernement d'Edouard Philippe se fait attendre

Initialement prévue pour mardi, l'annonce du gouvernement a été repoussée à 15 heures, mercredi.

Edouard Philippe, lors de la passation de pouvoirs à Matignon, le 15 mai 2017.
Edouard Philippe, lors de la passation de pouvoirs à Matignon, le 15 mai 2017. (IRINA KALASHNIKOVA / SPUTNIK / AFP)
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Clément ParrotFrance Télévisions

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Il faudra patienter un peu avant de connaître la composition du gouvernement d'Edouard Philippe. Initialement prévue mardi en fin de journée, l'annonce a été repoussée au mercredi 17 mai, à 15 heures. Il s'agit officiellement de laisser le temps aux vérifications de l'administration fiscale et de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. "Ces diligences s’effectuent dans le respect de la loi, en particulier au regard du secret fiscal", détaille un communiqué de presse de la présidence de la République. 

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Concrètement, Emmanuel Macron et son Premier ministre ont demandé à la Haute Autorité et à l'administration fiscale de vérifier la situation fiscale des ministres pressentis ainsi que d'éventuelles situations de conflit d’intérêts. Jusqu'à présent, ces vérifications étaient effectuées après l'annonce de la composition du gouvernement. Les ministres vont également devoir signer un engagement sur l’honneur d’"intégrité et de moralité" et effectuer une déclaration de leurs intérêts "au-delà de la période de cinq ans prévue par la loi", toujours selon le communiqué.

"C'est la première fois que cela se fait"

Depuis 2014 et l'affaire Thévenoud, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (une création de François Hollande en réaction à l'affaire Cahuzac) est sollicitée de manière informelle avant chaque remaniement afin d'éviter les mauvaises surprises au sujet des ministres pressentis. Thomas Thévenoud avait en effet été contraint de démissionner de son poste de secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur au bout de quelques jours en raison d'un retard dans le paiement de ses impôts.

Depuis cette mésaventure, la Haute Autorité effectue les premières vérifications d'usage avant l'annonce d'un remaniement, puis des contrôles plus approfondis dès le lendemain de l'annonce. Mais cette fois-ci, non contents d'avoir tout un nouveau gouvernement à passer au crible, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont choisi de ne prendre aucun risque. "C'est la première fois que cela se fait et cela doit se faire bien", indique à franceinfo un conseiller d'Emmanuel Macron pour justifier le report de l'exécutif. "Les vérifications qu'on nous demande ne se font pas en deux minutes", ajoute-t-on du côté de la Haute Autorité.

L'idée, c'est d'installer un sentiment de confiance dans ce gouvernement, car il y a clairement un sentiment de défiance entre le peuple et ses élites.

Un proche d'Emmanuel Macron

franceinfo

"Ne pas mettre sous pression inutilement"

L'entourage du nouveau président prend soin de réfuter toute idée d'impréparation ou de manque d'anticipation. Il est expliqué que la décision a été prise en concertation avec la Haute Autorité et l'administration fiscale pour "ne pas mettre sous pression inutilement" les personnes en charge des vérifications. "Soit on les faisait travailler à un train d'enfer, au risque de laisser passer quelque chose. Soit on leur laissait du temps pour travailler dans la sérénité", assure à franceinfo un autre proche d'Emmanuel Macron.

Selon l'entourage du président, le retard dans l'annonce du gouvernement n'aurait rien à voir avec la recherche d'un équilibre entre différentes sensibilités. Selon Le Monde, le président et son Premier ministre ont discuté ces derniers jours du nombre de ministères réservés à la droite. Mais le retard dans l'annonce "n'est pas du tout un sujet politique", assure ce membre de la garde rapprochée du chef de l'Etat. L'objectif est donc avant tout d'éviter une nouvelle affaire Thévenoud ou Cahuzac. "Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de couac, on n'est jamais à l'abri d'un type qui aurait décidé de mentir", conclut ce proche d'Emmanuel Macron.