Pour ne pas être entravé par l'administration, Emmanuel Macron veut un "spoil system" à la française

Pour éviter d'être entravé dans son action, le nouveau président de la République pourrait remercier plusieurs hauts fonctionnaires, une pratique courante aux États-Unis.

Emmanuel Macron, à la sortie du premier conseil des ministres, le 18 mai 2017.
Emmanuel Macron, à la sortie du premier conseil des ministres, le 18 mai 2017. (PHILIPPE WOJAZER / POOL)
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Édité par Maxime BacquiéfranceinfoIsabelle ChaillouRadio France

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Aux États-Unis, on appelle cela le "spoil system", ou système des dépouilles. Après l'élection d'un nouveau président américain, des milliers de hauts fonctionnaires sont remplacés pour que l'administration soit à la main de la Maison Blanche. Un système dont veut s'inspirer Emmanuel Macron, comme l'a confirmé ce jeudi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

250 postes concernés

Ancien conseiller de l'Élysée, ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron a sans doute pu mesurer à quel point la machine administrative peut être un frein à la mise en oeuvre des réformes voulues. Pour autant, le porte-parole du gouvernement l'affirme, il n'y aura pas de "chasse aux sorcières". Dans les six mois qui viennent, les nouveaux ministres devront évaluer les hauts fonctionnaires de leur administration. Ils seront ensuite confirmés ou remplacés. 250 postes sont ainsi concernés.

Une pratique déjà utilisée par ses prédécesseurs

L'idée de prier d'aller voir ailleurs des hauts fonctionnaires à l'arrivée d'un nouvel exécutif n'est pas nouvelle. À plus ou moins grande échelle, les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ont déjà placés des fidèles à des fonctions stratégiques.

Le pouvoir de nomination est bien une prérogative du président de la République. Préfets, ambassadeurs, directeurs centraux des administrations, hauts fonctionnaires de Bercy, de Pôle Emploi ou de l'Assurance maladie : l'ensemble de ces postes ne sont pas régis par le statut général de la fonction publique. Ils sont donc révocables à tout moment, à la discrétion du gouvernement.