Inauguration de l'historial du Hartmannswillerkopf : "Pour faire fonctionner l'Europe, l'entente franco-allemande est exemplaire"

Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, s'est félicité vendredi de l'entente franco-allemande. "Il s'agit de montrer l'exemple," a-t-il développé. 

Emmanuel Macron et son homologue Frank-Walter Steinmeier le 10 novembre 2017 au Hartmannswillerkopf, dans le Haut-Rhin. 
Emmanuel Macron et son homologue Frank-Walter Steinmeier le 10 novembre 2017 au Hartmannswillerkopf, dans le Haut-Rhin.  (BERND VON JUTRCZENKA / DPA)
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Emmanuel Macron et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier se sont recueillis vendredi 10 novembre au Hartmannswillerkopf, avant d'inaugurer l'historial, un musée situé dans le massif des Vosges qui fut l'un des plus sanglants champs de bataille de la Première Guerre Mondiale.

Le président de la République a ainsi lancé les commémorations du 11-Novembre. Il a voulu célébrer la réconciliation franco-allemande et réaffirmer l'engagement commun des deux pays dans la refondation de l'Europe. "Pour faire fonctionner l'Europe, l'entente franco-allemande est exemplaire", a estimé Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, invité de franceinfo.

franceinfo : ces commémorations sont-elles utiles pour construire l'Europe de demain ?

Jean-Dominique Giuliani : Oui, bien sûr ! Cela rappelle que nous agissons dans une perspective sur le long terme. Un grand chemin a déjà été parcouru. Cela fait 70 ans que la France n'a pas connu de conflit sur son territoire métropolitain. Je crois que cela fait plusieurs siècles que nous avons stabilité, prospérité et dialogue. Pour faire fonctionner l'Europe, l'entente franco-allemande est exemplaire. Il ne s'agit pas de donner des leçons aux autres. Il s'agit de montrer l'exemple, de montrer que l'on a envie de relever quelques défis d'avenir essentiels pour notre économie et notre modèle social ensemble. Et c'est un peu ce qui est en cours et qui démarre après les élections générales en Allemagne et la période électorale que nous avons connue en France en 2017.

Peut-on vraiment construire l'Europe de demain en regardant l'Europe d'hier ? Cela a-t-il a encore un sens aujourd'hui ?

Oui, si vous regardez ce qui a été accompli depuis 1950 et la déclaration de Robert Schuman, personne n'aurait pu imaginer qu'on puisse, après les désastres du XXe siècle, construire quelque chose qui est finalement un triomphe de la civilisation et de la raison. Aujourd'hui quand on a un différend, on n'arme pas nos armées pour le régler. On a un lieu, on a des traités, on a des institutions communes, on a des pratiques, on discute et on se met d'accord. Alors, c'est long, c'est fastidieux. Parfois on dit 'Oh mon Dieu, mais c'est compliqué, on n'y comprend plus rien'. Mais en attendant, ça marche. 

Aujourd'hui, l'Europe reste la première puissance économique du monde, la première puissance commerciale, le premier marché de consommation, malgré la crise, et de temps en temps, c'est bon de le rappeler.

Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman

à franceinfo

N'est-ce pas important de se rappeler des réalisations d'hier parce que les réalisations de demain sont plus incertaines ?

Elles ne sont pas incertaines du tout. Je vous rappelle qu'en 2017, d'après les prévisions du Fonds monétaire international, la croissance de l'Union européenne sera supérieure à celles des États-Unis. Le grand marché intérieur, dont on ne parle jamais, ce ne sont pas seulement les travailleurs détachés. C'est aussi une économie qui fonctionne, malgré les difficultés, malgré une compétition féroce. Et quand les Britanniques veulent le quitter, ils n'ont plus envie de le faire, ils demandent des formules transitoires, ils veulent rester attachés au marché unique. Une Europe qui résiste aussi à des mouvements de doute de l'opinion, au populisme.

Restez-vous confiant ?

Je reste non seulement confiant mais je crois qu'il faut voir à la fois les forces et les faiblesses de l'Union européenne. Il y a beaucoup de travail à faire mais il y a beaucoup de choses qui sont acquises. Les peuples ne veulent pas quitter l'Europe en dehors des Britanniques. Même les Grecs, qui sont en grande difficulté, les Portugais, les Espagnols, veulent rester dans l'Europe parce qu'ils ont compris parfaitement d'où l'on vient et où l'on veut aller.