Pour les socialistes, il s'agirait du scénario idéal. Obtenir, avec leur seul groupe parlementaire (qui rassemble le PS, le PRG, le MRC et les divers gauche), la majorité absolue des sièges de l'Assemblée nationale, soit 289 députés minimum. Les résultats du premier tour du scrutin, dimanche 10 juin, permettent au parti présidentiel d'espérer une telle issue. FTVi récapitule.

• Si le PS devient majoritaire, le gouvernement aurait les mains libres

Une majorité absolue obtenue par le groupe socialiste permettrait d'abord au gouvernement de ne pas avoir à s'inquiéter lors du passage de ses projets de loi devant l'Assemblée. La discipline parlementaire lui assurerait une majorité de oui, que ses alliés d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du Front de gauche suivent ou non.

L'espoir est permis : l'institut Opinionway indique dans ses projections réalisées pour Le Figaro et LCI que le PS obtiendrait la majorité absolue avec 293 à 323 sièges. 

• Les écologistes, avec ou sans groupe ?

L'autre scénario envisagé par le PS est donc une majorité absolue constituée par son groupe parlementaire, auquel seraient ajoutés les députés de EELV. Là encore, ça ne devrait pas trop poser de problème pour les socialistes : les écologistes devraient voter sans broncher une grande partie des textes proposés, même s'ils se réservent le droit de faire entendre leur voix sur certains points, notamment sur le nucléaire.

Cette alliance est d'autant plus forte que deux membres du gouvernement sont issus des rangs écologistes, et que les deux formations ont passé un accord électoral avant l'élection présidentielle. Mais s'ils veulent réellement peser sur la majorité présidentielle, les écologistes doivent obtenir le plus grand nombre de députés possible. Dans l'idéal, cela passe par la constitution d'un groupe parlementaire autonome, pour lequel un minimum de 15 députés est nécessaire.

Difficile à l'heure actuelle de savoir si, au soir du 17 juin, EELV disposera de ce groupe. Selon les différentes projections, entre 10 et 20 députés écologistes pourraient faire leur entrée à l'Assemblée.

• Le Front de gauche veut faire entendre sa voix 

Le Front de gauche, lui, n'est pas certain de conserver son groupe parlementaire. Selon les instituts de sondage, les projections oscillent entre 12 et 18 sièges pour la gauche du PS. "C’est un score en demi-teinte : décevant par rapport à la présidentielle, mais en progression par rapport aux législatives 2007", estime ainsi Stéphane Rozès, président de Cap conseil.

L'hypothèse selon laquelle le PS devrait s'appuyer sur les députés proches de Jean-Luc Mélenchon pour valider ses réformes serait la moins favorable pour le gouvernement. En effet, à l'inverse d'EELV, le Front de gauche n'a pas conclu d'accord avec les socialistes, et négocierait sa position au cas par cas.