Démission de Taubira : la gauche du PS se désole, la droite exulte

Sans surprise, l'opposition a salué le départ, mercredi, de la garde des Sceaux, soutenue par la gauche du PS.

Christiane Taubira a démissionné du ministère de la Justice le 27 janvier 2016.
Christiane Taubira a démissionné du ministère de la Justice le 27 janvier 2016. (LOIC VENANCE / AFP)
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Remplacée après sa démission par Jean-Jacques Urvoas, Christiane Taubira n'est plus garde des Sceaux. Elle "aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l'adoption du mariage pour tous", a salué François Hollande dans un communiqué, mercredi 27 janvier, tout en exprimant sa "reconnaissance" pour le travail accompli place Vendôme. 

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Sans surprise, ce départ désole la gauche du PS, mais réjouit la droite et l'extrême droite.

La gauche salue une femme de "convictions"

Christiane Taubira ne l'a jamais caché, elle est toujours restée proche des frondeurs et de l'aile gauche du Parti socialiste. Son ancien collègue au gouvernement, Benoît Hamon, a exprimé sa "reconnaissance pour son action à la Chancellerie" et "tout [son] respect pour ses convictions". Même chose pour le frondeur Laurent Baumel, qui a vanté "la fidélité à des idées plutôt qu'à des hommes". Pour la députée du Nord Anne-Lise Dufour, "une nouvelle partie de la gauche quitte le gouvernement... C'est l'histoire de la peau de chagrin".

Le frondeur Christian Paul a regretté l'effritement de la majorité, qui se poursuit avec cette démission. "On va bientôt se retrouver avec les 5% de Manuel Valls à la primaire socialiste", ironise-t-il.

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D'autres voix à gauche, notamment chez les écologistes, ont félicité l'ancienne garde des Sceaux, à commencer par le député EELV Sergio Coronado, qui a, lui aussi, insisté sur ses "convictions". "Convictions", encore et toujours, dans les mots de la coprésidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, Cécile Duflot. Quant au coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, il déplore que le chef de l'Etat, en acceptant la démission de Christiane Taubira, ait "encore repris une proposition du FN et de la droite".

La droite tance le bilan d'une politique "laxiste" 

A droite, le député-maire Les Républicains de Nice (Alpes-Maritimes) Christian Estrosi a de nouveau accusé Christian Taubira d'avoir mené une "politique laxiste". Le député LR de la Drôme Hervé Mariton a, lui, évoqué ses longues joutes verbales avec Christiane Taubira à l'Assemblée nationale, lors des discussions autour du texte sur le mariage pour tous. Avant d'ajouter que "le point le plus positif du bilan de Taubira, c'est sa démission".

L'une des critiques les plus virulentes a été rédigée par le député de l'Yonne, Guillaume Larrivé. Quant à Luc Chatel, député de la Haute-Marne, le conseiller de Nicolas Sarkozy a fait part de sa surprise quant à la date choisie pour annoncer ce départ.

Le Front national vante une "bonne nouvelle"

"La démission de Christiane Taubira est une bonne nouvelle pour la France, après une action publique à la tête du ministère de la Justice absolument désastreuse pour notre pays, a estimé la présidente du FN, Marine Le Pen, dans un communiqué. Cette démission apparaît aujourd'hui comme un soulagement."

Le vice-président du parti, Florian Philippot, s'est fendu d'un tweet tout aussi enthousiaste, qualifiant, lui aussi, ce départ de "très bonne nouvelle pour la France".