Il est le chef de file de l'UMP de Gonesse (Val-d'Oise), mais sera présent sur la liste du Rassemblement bleu Marine aux élections municipales de mars 2014. Denis Vigouroux devrait figurer en troisième position sur la liste conduite par Karim Ouchikh, président exécutif d'une formation proche du FN, le Siel (Souveraineté, indépendance et libertés). Ce conseiller municipal d'opposition l'a annoncé lundi 1er juillet, avec des responsables politiques locaux. 

Cet élu municipal n'est pas le seul à quitter son parti pour rejoindre des listes Front national ou Rassemblement bleu Marine. Parmi près de 500 candidats déjà investis pour 2014, une trentaine sont d'anciens militants venant de tous horizons.

De l'UMP au FN, une douzaine de transfuges

Denis Vigouroux est le dernier transfuge en date, mais il est loin d'être un cas isolé. Un document interne, révélé par Le Point.fr le 21 juin, recensait treize candidats  issus de l'UMP investis par Marine Le Pen. "Il s'agit, par exemple, d'Adrien Mexis, tête de liste à Istres (Bouches-du-Rhône), de Catherine Rouvier, tête de liste à Aix-en-Provence, de Philippe de La Grange, candidat au Luc (Var), de Jean-Bernard Formé, tête de liste à Lorgues (Var)", précise le site internet. Une ancienne présidente de l'association des Amis de Nicolas Sarkozy dans les Alpes-de-Haute-Provence, Marie-Anne Baudoui-Maurel, sera même tête de liste à Digne-les-Bains, indiquait le 24 juin Le Dauphiné. 

Pourquoi rejoignent-ils le FN ? "Il n'y a pas de trahison, s'est défendu Denis Vigouroux. Il se trouve que Marine Le Pen nous soutient et tant mieux." "C'est une question de stratégie politique. On s'acheminait vers trois listes d'opposition, avec celle du MoDem. Cela n'avait pas de sens", explique-t-il. Patrick Amate, élu UMP qui portera les couleurs du Rassemblement bleu Marine en 2014 à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), a estimé sur Europe 1, mardi, que "Copé/Fillon, Fillon/Copé, c'est la mascarade, c'est bonnet-blanc et blanc-bonnet".

Comment l'UMP a-t-elle réagi ? Il n'y aura "jamais d'alliance avec le FN", sous peine d'exclusion pour ceux qui enfreindraient ce mot d'ordre, a insisté l'entourage de Jean-François Copé, le président de l'UMP. La même source a annoncé qu'une procédure d'exclusion de Denis Vigouroux avait été engagée. Elle sera à l'ordre du jour du prochain bureau politique, mercredi. Récemment, l'UMP a exclu l'un de ses militants qui avait fait alliance avec le parti d'extrême droite dans une commune de la Somme, Gamaches, en vue des municipales. Elle a également annoncé deux autres exclusions : celle d'un conseiller général de Saint-Gilles (Gard), qui avait publiquement souhaité la candidature dans la commune du député Gilbert Collard, élu sous les couleurs du FN. Et celle de Patrick Amate, élu de Carry-le-Rouet.

Du PS au FN, sept candidats

Sept candidats frontistes sont issus du PS, selon le décompte du Point.fr. "On peut notamment citer Antoine Ibba, tête de liste à Grenay (Pas-de-Calais), Mungo Shematsi à Saint-Martin-d'Hères (Isère) ou l'ex-conseiller municipal Daniel Gest à Outreau (Pas-de-Calais)", indique le site.

Pourquoi rejoignent-ils le FN ? Réfugié politique d'origine congolaise, Mungo Shematsi a adhéré au PS après les émeutes dans les banlieues en 2005. Mais ce professeur d'économie, "dégoûté par les dirigeants socialistes", a décidé de quitter le parti pour rejoindre le Front national. "Au FN, j'ai rencontré des gens ordinaires, pas des racistes", a-t-il expliqué au Parisien (lien pour abonnés) le 21 juin. C'est, dit-il, la curiosité qui l'a poussé, et la personnalité de Marine Le Pen. "Avec son père, je n'aurais pas fait cette démarche", a-t-il précisé au quotidien.

Du MoDem au FN, trois transfuges

Trois candidats sont des transfuges du MoDem de François Bayrou, toujours selon Le Point.fr. Parmi eux, Damien Guttierez, tête de liste FN à La Seyne-sur-Mer (Var), et Pierre-Jean Robinot, candidat à Epinal (Vosges).

Pourquoi rejoignent-ils le FN ? Infirmier de 32 ans, fils de pieds-noirs, Damien Guttierez explique son ralliement à Marine Le Pen par son attachement aux questions de moralité publique, selon Le Point.fr. Il a aussi été membre de l'UMP entre 2004 et 2009, avant de rejoindre François Bayrou. "Je pense qu'une coalition FN-UMP est le souhait de la majorité des électeurs de droite", affirme-t-il au Point.fr.

D'autres partis concernés

Le FN séduit de manière encore plus large. Six candidats investis par Marine Le Pen viennent des partis de Nicolas Dupont-Aignan ou de Philippe de Villiers. Anna Rosso-Roig, candidate du Front de gauche aux législatives de juin 2012, figurera sur la liste du FN aux municipales à Marseille, rappelle Le Parisien. Et Robert Ménard, l'ancien patron de Reporters sans frontières, se présentera à Béziers (Hérault) avec le soutien du Front national.