Il renouvelle son soutien à Christiane Taubira. François Hollande a appelé, mercredi 6 novembre en Conseil des ministres, à "la plus grande fermeté et à la plus grande vigilance", après les propos racistes contre la ministre de la Justice. Selon ses propos rapportés par la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, le chef de l'Etat a pris acte de "la gravité extrême des insultes (...) proférées à son endroit".

La garde des Sceaux a notamment été traitée de "guenon" par une enfant lors d'une manifestation contre le mariage homosexuel, le 25 octobre, à Angers. Auparavant, elle a été comparée à un singe par une candidate FN aux élections municipales dans l'émission "Envoyé spécial", le 17 octobre.

Les déclarations du président de la République interviennent après une interview de Christiane Taubira dans Libération. La Garde des Sceaux y regrette justement le manque de réaction après ces insultes racistes. "Ce qui m'étonne le plus, c'est qu'il n'y a pas eu de belle et haute voix qui se soit levée pour alerter sur la dérive de la société française", souligne-t-elle.

"Des millions de personnes sont mises en cause quand on me traite de guenon"

"Dans notre société, des choses sont en train de se délabrer. Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République", poursuit la ministre. Christiane Taubira s'inquiète de l'état de la société, dans laquelle le Front national s'est institutionnalisé, et la droite classique a "un problème d'identité". La ministre confie également que ces injures n'ont pour elle rien de nouveau : "Je me ramasse depuis longtemps du 'macaque', du 'Y a bon Banania', par des manifestants ou des élus qui l'écrivent sur leur site internet."

"Des millions de personnes sont mises en cause quand on me traite de guenon. Des millions de gamines savent qu'on peut les traiter de guenons dans les cours de récréation !" s'indigne aussi Christiane Taubira dans Libération. "J'ai eu beaucoup de messages de soutien, poursuit-elle. Les gens ont réagi sur ma personne or, le sujet, ce n'est pas ma personne. Il est grave, il concerne le lien social, la République."