Changement de cap : Montebourg se démarque, Hamon suit

Il faut changer de cap économique. Après l’avoir dit au journal Le Monde hier (samedi), Arnaud Montebourg va pouvoir le répéter et préciser sa pensée ce dimanche à sa traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse. Le ministre de l’Economie a invité cette année son collègue de l’éducation Benoît Hamon. Et il va persévérer dans ses critiques.

(Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ici à la sortie du Conseil des ministres le 22 mai dernier © Maxppp)
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C’est une vieille technique dont Arnaud Montebourg use et abuse. Sûr de son fait, de son pouvoir de nuisance et de son poids politique, il va encore mordre la ligne rouge,  sans commettre l’irréparable pour ne pas se faire débarquer du gouvernement. Quelques jours seulement après que François Hollande et Manuel Valls ont répété qu’il n’était pas question de changer de cap, Arnaud Montebourg leur dit que "les choix politiques ne sont pas figés", qu’il y a des alternatives.

Le débat sur le budget reste ouvert

De quoi redonner de la voix et de l’importance à ceux qui ont été baptisés les "frondeurs",  ces députés socialistes qui demandent aussi à François Hollande de changer de politique. De quoi donner raison, également, aux écologistes et à la gauche de la gauche. Arnaud Montebourg promet donc de beaux jours au PS la semaine prochaine à la Rochelle, puis à l’Assemblée, au moment de la discussion sur le budget. Pour le ministre de l’Economie, le débat sur le budget et sa part de rigueur est ouvert. 

Si Arnaud Montebourg voulait provoquer de nouveaux remous et capter une bonne part de la grogne dans la majorité, il ne s’y prendrait pas autrement. Mais bien sûr aujourd’hui à Frangy en Bresse, sans tromper personne, Arnaud Montebourg se défendra, comme d’habitude, de jouer contre le gouvernement et contre ses chefs... François Hollande et Manuel Valls.

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"Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs" (Benoit Hamon)

Invité vedette de la Fête de la Rose, Benoit Hamon a fait part ce matin de son adhésion au constat dressé par le ministre de l'Economie. Dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, le ministre de l'Education nationale estime que "la relance de la demande est la condition de la réussite de la politique  de l'offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s'ils n'ont pas des revenus suffisants".

 

Et Benoît Hamon de se sentir très proche d'Arnaud Montebourg. '"Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs, mais notre problème n'est pas d'en prendre la tête. Notre volonté est d'être au service d'un rassemblement de la gauche et de peser au sein du gouvernement", insiste-t-il.

Olivier Bost, Cécile Mimaut.