Ses propos vont lui valoir une exclusion de son parti. Alors que des gens du voyage occupent un champ de sa commune du Maine-et-Loire, le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a évoqué Hitler à leur sujet, dimanche. "Hitler n'en a peut-être pas tué assez", a déclaré l'élu UDI, selon Le Courrier de l'Ouest (article payant) du lundi 22 juillet.

Acte 1 : "Hitler n’en a peut-être pas tué assez"

C'est un échange houleux que rapporte Le Courrier de l'Ouest. Dimanche, le maire centriste de Cholet se rend sur le terrain qu'occupent des gens du voyage sans autorisation. Il est accueilli par des "saluts nazis et des accusations de racisme" lorsqu'il demande aux intéressés de quitter le champ. A la fin de leur rencontre, l'élu marmonne, selon Le Courrier de l'Ouest : "Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez." Seuls des policiers et des agriculteurs se tiennent encore assez près pour entendre ces propos. Les gens du voyage ont déjà tourné les talons.

Acte 2 : le maire de Cholet dément et porte plainte

Gilles Bourdouleix nie avoir tenu ces propos. A l’AFP, il assure avoir répliqué : "Si j'avais été Hitler effectivement, ils seraient morts", aux gens du voyage qui lui avaient fait le salut hitlérien. Interrogé lundi par BFMTV, Gille Bourdouleix a dénoncé un "bidouillage d'un journaliste" et donné une nouvelle fois sa version des faits.

L'élu UDI a d’ailleurs annoncé, par communiqué, avoir "déposé plainte pour diffamation, atteinte à l'honneur et atteinte à l'image" contre Le Courrier de l'Ouest et menacé de poursuivre pour diffamation "toute personne qui relayera ces propos mensongers".

Acte 3 : un enregistrement sonore pour preuve

Le Courrier de l’Ouest apporte, lundi, une preuve pour étayer ses informations. Sur un enregistrement sonore, on entend Gilles Bourdouleix dire : "Bah, Hitler, il en a peut-être pas tué assez."

Acte 4 : Jean-Louis Borloo condamne les propos du maire

"Je condamne de la manière la plus formelle et saisis le comité exécutif de l'UDI pour les suites inévitables à donner", écrit Jean-Louis Borloo, président du parti centriste, dans un communiqué publié lundi.

Acte 5 : Bourdouleix bientôt exclu de l’UDI

Les "suites inévitables" évoquées par le président de l'UDI ne sont autres qu'une exclusion du parti. Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général de l'UDI, l'a confié à L'Express : "A partir du moment où la preuve est publiée, nous ne pouvons que décider de l'exclusion. Ces propos sont inqualifiables et incompatibles avec les valeurs de l'UDI." La sanction devrait être prononcée formellement mercredi 24 juillet.