Présidentielle : "Benoît Hamon doit avoir une parole forte et audible"

Confrontée à des oppositions internes, la campagne du candidat du PS, Benoît Hamon, s'avère compliquée. Pour Olivier Roucan, enseignant chercheur au CERSA, le candidat n'arrive pas à se faire entendre sur des thèmes rassembleurs.

Benoît Hamon, le 16 mars 2017.
Benoît Hamon, le 16 mars 2017. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
avatar
franceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

Benoît Hamon tient un grand meeting dimanche 19 mars après-midi à Paris-Bercy. Mais la campagne du candidat socialiste à l'élection présidentielle est rendue compliquée par sa famille politique : plusieurs ténors du PS sont partis dans le camp d'Emmanuel Macron, et Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, lui fait concurrence sur le créneau de la "gauche de la gauche".

Pour rassembler et relancer sa campagne, "Benoît Hamon doit avoir une parole forte et audible" explique Olivier Roucan, enseignant-chercheur en sciences politiques au Centre d'études et de recherches de science administrative (CERSA).

franceinfo : Comment Benoît Hamon peut-il imposer sa voix ?

Olivier Roucan : Il y a la question d'avoir une parole forte et audible. L'électorat socialiste est très hésitant et se reporte beaucoup sur Emmanuel Macron. Il y a un souci de capacité à porter un message qui rassemble l'électorat socialiste aujourd'hui complètement dispersé.

Jusqu'à présent, le message fort de Benoît Hamon portait sur le revenu universel. Ça ne suffit plus ?

Non, car on se rend compte que son projet s'est édulcoré par rapport au départ. Il y a aussi une incapacité à faire entendre un discours fort sur les thèmes qui rassemblent. Le service public, sa défense, sa promotion et sa modernisation constituent un axe que Benoît Hamon aura à cœur de développer.

Il y a sans doute une carence, non pas à avoir des idées, mais simplement à les faire entendre.

Oliver Roucan

à franceinfo

Benoît Hamon doit clarifier la question du temps de travail. Aujourd'hui, il n'est pas sûr que ce message soit audible, alors que, partout ailleurs, il est question de travailler différemment, de travailler plus. Pourtant, la question de la réduction de la durée du temps de travail n'est pas prioritaire chez nos voisins européens.

Quel est l'électorat de Benoît Hamon aujourd'hui ?

Il est largement sous-estimé chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures. Or l'une des évolutions des vingt dernières années, c'est que le PS avait établi une base forte. Pour l'instant, c'est plutôt sur Emmanuel Macron que cette catégorie se porte dans les intentions de vote.

Il y a une possibilité de séduire et peut-être de récupérer les professions intellectuelles supérieures. Il y a à consolider une assise auprès des professions intermédiaires. Et puis il y a aussi une marge auprès des retraités, dont le taux de votants est anormalement bas, ce qui est inquiétant car c'est une catégorie qui va voter.

Et le vote ouvrier ?

Il y a sans doute une marge aussi. Mais le PS ne convainc plus chez les ouvriers depuis assez longtemps. Et Jean-Luc Mélenchon semble faire mieux que Benoît Hamon auprès de cette catégorie.

Olivier Roucan : ""Benoît Hamon doit avoir une parole forte et audible"
--'--
--'--