Ni front républicain avec le PS, ni Front national. Comme lors des élections cantonales de 2011, l'UMP a choisi de ne pas choisir, lundi 11 juin, au lendemain du premier tour des élections législatives. Une ligne arrêtée lors d'un déjeuner entre les ténors du parti (Copé, Fillon, Juppé, Raffarin, Accoyer...) puis validée par le bureau politique "sans aucune voix divergente", a promis Jean-François Copé à l'issue de cette réunion extraordinaire à laquelle ont participé 150 cadres du parti. 

Il n'empêche qu'un air quelque peu électrique a flotté lundi après-midi dans les rangs de l'UMP. Car l'an passé, cette ligne du "ni-ni" a suscité d'importants remous, des personnalités comme François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse ou Gérard Larcher ayant préféré appeler à voter en faveur du candidat socialiste. Simple coïncidence ou choix délibéré : la réunion du bureau politique ne s'est pas tenue au siège du parti, où il est quasiment impossible d'éviter les caméras, mais à l'Assemblée nationale, où les participants sont restés à bonne distance des journalistes.

Vers "un repositionnement de l'UMP sur l'échiquier politique"

Et alors que le patron du parti s'est évertué à répéter que, cette fois, la ligne était respectée par tout le monde, certains ont malgré tout pris leurs distances. D'un côté, la sénatrice UMP et ancienne ministre Chantal Jouanno a appelé à "faire un barrage absolu" au FN ; de l'autre, le candidat UMP Roland Chassain, arrivé troisième dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, s'est désisté en faveur de la candidate FN pour faire battre le socialiste Michel Vauzelle. Un cas "isolé" immédiatement "condamné" par Jean-François Copé. Mais dans le Gard, le député UMP sortant Etienne Mourrut, arrivé troisième, pourrait suivre, mardi, l'exemple de Roland Chassain, ouvrant lui aussi la voie à l'élection d'un député frontiste, l'avocat Gilbert Collard.

(Francetv info )

Ces divergences aux deux extrémités du parti n'ont cependant pas semblé étonner outre-mesure les proches du secrétaire général, qui prédisent de toute façon "un repositionnement de l'UMP sur l’échiquier politique" dans les mois à venir, dans la mesure où "le FN fait bouger les choses". Conformément à sa volonté de garder les rênes du parti, Jean-François Copé lui-même a appelé de ses vœux "un grand débat" après les législatives pour "une mise à jour programmatique" de l'UMP. Les divergences de fond, aujourd'hui mises en sourdine, pourraient alors éclater au grand jour.